Extraits

Je ne vous appartiens pas

je ne vous appartiens pas

2004 : ma première séance de thérapie par l’EMDR

 

Ma sœur et moi sommes à l'étage, dans le couloir. Mes parents sont en bas. Il fait jour.

Je crois qu'on est encore en chemise de nuit. J'entends le bruit des clefs, et le bruit du porte-clefs en bois qui frappe contre le mur de l'entrée. Ca y est, on va y avoir droit ! Il l'a décroché ! J'entends crier mon père. Je sens la peur monter. Je tremble, je respire rapidement. Il faut se cacher, vite, vite… Je sens qu'on va encore morfler ! Je regarde autour de moi, je suis dans le couloir, j'entends les pas bruyants monter les escaliers, et cette voix qui hurle "qu'est ce qui se passe encore ?" Je regarde encore partout. Ma sœur est allée se cacher dans sa chambre. Moi, je voudrais me faire aussi petite qu'une souris. J'ai envie de pleurer, j'ai peur, très peur. Je vois déjà son visage devant le mien, il va me faire mal. Je vois à ma gauche la salle de bain, je fonce, et je me terre contre le mur, juste en dessous du porte-serviettes. Je me cache, recroquevillée contre la baignoire qui je l'espère va me cacher. J'entends des cris, des pleurs, j'ai envie de pleurer. Je pleure déjà sûrement sans m'en rendre compte. Et je le vois, son visage devant moi, ses yeux exorbités de rage et rouge de colère. Je le vois qui me cherche et qui m'a trouvée. Il est là, immense devant l'entrée de la salle de bain. Et vlan, et vlan, et vlan ! Combien de fois encore ces lanières vont me fouetter le corps ! ! ! ! Les lanières du martinet s'abattent sur mes cuisses. J'ai mal. Je me protège le visage de mes bras. J’ai peur, j'ai mal, je pleure. J’ai envie de devenir toute petite, ne plus exister, j'ai trop peur de lui. "Non, je ne veux pas, non, tu me fais mal, je n’ai rien fait ! ! ! " Je ne sais pas si je supplie mon père ou si ce sont des voix dans ma tête qui hurlent. Les miennes. J'entends beaucoup de bruit dans ma tête, des cris, des pleurs. Ma sœur est sûrement elle aussi en train de pleurer. "Arrêtez de vous chamailler ! Ça suffit ! Je ne veux pas savoir qui a commencé !" Je sais que j'ai encore fait pleurer maman à cause de nos chamailleries entre sœurs ! J'ai mal dans mon cœur, j'ai mal, car je sais que c'est ma sœur qui a commencé ! Et je me sens injustement punie ! Et il repart, me laissant humiliée, blessée intérieurement et extérieurement. Les lanières ont encore laissé des marques de boursouflures sur mes jambes. J'ai mal sur mes jambes, j'ai mal à mon cœur. Mon papa me déteste. Mon papa ne m’aime pas. Ça ne sert à rien de dire non, non ça sert à rien !"

 

 

Je ne vous appartiens pas

Je suis très mal. J’espère toujours le moindre signe qui me montrerait que Rémy reste attaché à moi. Je suis folle de lui. Pourtant, il m’a fait mal. Je rentre chez ma mère. J’ai envie de me saouler. Je pique des bières à Pascal dans le frigidaire et je bois, je déteste cela, je déteste le goût mais je bois, pas beaucoup mais ça me donne l’impression d’avoir une solution pour ce mal qui me ronge ! et je me goinfre de tout ce qu’il y a dans le frigo, pâtes, pâté, plats cuisinés… tout ce qui me passe sous la main. Je dévalise le frigo, puis je passe aux placards, gâteaux, tablettes de chocolats entières, biscuits…tout y passe…J’ai honte, je me demande ce que vont penser ma mère et mon beau père lorsqu’ils verront le vide dans la cuisine. Même les boîtes de raviolis froides ont été vidées. Une vraie orgie, trop plein que j’ai vomie après la nausée… Je vais très mal, je suis en dépression, j’ai envie de mourir ! Je passe mes journées à pleurer ! Je me torture pour ce garçon et il n’en vaut même pas la peine !

J’ai fait une peinture, je suis au ciel avec Dieu, moi qui ne crois pas en Dieu. C’est le comble, il est là, en face de moi. J’ai dans ma main un revolver, et lui, il tient dans sa main mon cœur brisé. Cela m’apaise ! Ma mère voit cela. Je lui montre ma peinture pour qu’elle voit ma souffrance.

- Ma fille ne pense pas au suicide, non, ce n’est pas possible, ma fille est folle, bonne pour l’asile.

Elle me dit cela au lieu de me réconforter ! Elle parle de moi à la troisième personne alors que je suis en face d’elle. Sa fille, elle est là, en face d’elle, elle souffre, elle voudrait que sa maman lui demande pourquoi elle a envie de se suicider. Pour seule réponse, j’ai droit à « je suis folle, je suis bonne pour l’asile. »

Merci maman de me comprendre si bien, merci maman de me réconforter. Si je me suicide, tu n’auras rien fait pour arrêter mon geste.

Merci maman de ne penser qu’à ton propre bonheur. Ta fille veut se suicider mais non ça n’arrive pas chez toi ce genre de choses ! On est une famille normale. Je me sens seule et incomprise !

Je ne vous appartiens pas

Nous allons au sacré cœur, même si je l’ai déjà visité. Nous montons les marches qui nous mènent à la basilique. Et lorsque je rentre, il se passe quelque chose que je n’arrive pas à exprimer. Je tiens la croix que Rémy m’avait donnée à un moment donné. Ces derniers jours, j’avais besoin de la porter à mon cou. Un signe peut être de ce qui allait suivre ? Je me sens toute petite et tout est immense. La lumière inonde le lieu. Je me sens baignée d’amour, remplie d’amour, un bien être indéfinissable. J’ai l’impression de ne faire qu’un avec le monde. Je sens comme une présence, une douceur qui me transperce et qui me lie à la terre entière. Je suis en communion avec le monde, je ne suis qu’amour. Je marche comme une somnambule, tenant la main de Yann tout le long de la visite de la basilique. Lorsque nous sortons, tout le groupe porte une croix de bois autour du cou. Tout le monde a une croix. Je ne sais pas ce qui m’arrive, je ne sais pas ce qui vient de se passer. Je viens d’être transpercée de l’amour de Dieu. Je ne réalise pas encore que je viens de vivre mes premières hallucinations visuelles et que je viens de rentrer dans le début de ce qui sera une phase maniaque. Bienvenue chez les bipolaires !!

Je ne vous appartiens pas

Un soir, il me retrouve essuyant mon vomi par terre car je n’ai pas pu atteindre les toilettes à temps après avoir bu la moitié d’une bouteille de porto. Il découvre tous les soirs au toucher mes pansements qui couvrent les traces de mes coupures que je me fais quotidiennement dès qu’il sort, peut-être est-ce parce que je ne supporte pas l’abandon, parce que c’est dès qu’il sort que je m'auto détruit, dès qu’il a le dos tourné. Il se sent impuissant face à ma douleur. Il me prend dans ses bras, me promet de ne jamais m’abandonner, de me protéger, de m’aider et de me trouver un psychiatre avec l’aide de sa mère. Je recommence à suivre un psychiatre conseillé par ma belle-mère, mais le courant ne passe pas. Peut-être parce que c’est un homme. Il a l’air âgé, usé par son travail, et ne semble pas s’intéresser à ce que je dis, et il a le nez dans ses papiers et ne me regarde même pas attendant que je dise des choses mais je ne sais pas quoi dire.

Le psychiatre m’a donné un antidépresseur, et l’effet est fulgurant ! Je me remets à vivre comme jamais comme si la dépression n’avait jamais existé et ma perte de poids est fulgurante autant que ma nouvelle lubie pour le végétarisme. Je me remets à écrire intensivement, à me dire que je vais écrire en plus de mon autobiographie un livre sur mon anorexie. J’écris sans cesse, je dors moins. Je deviens hyperactive, et je ne tiens plus en place. Est-ce les effets secondaires de mon antidépresseur ? Est-ce que je suis hyperactive à cause de mon anorexie ? Je passe mon temps à faire du vélo d’appartement, à tout faire pour perdre mes calories en trop. Je compte les calories, je compte ceux que je perds en m‘activant. Je sors souvent au retour de ma formation m’acheter des livres sur les sujets qui m’intéressent sur le moment : l’anorexie, le lien mère-fils, les régimes végétariens. Je souhaite devenir végétarienne. Je passe mon temps à déménager les meubles dans le nouvel appartement que nous avons eu peu après la naissance de notre enfant. Rien ne me convient, je passe mon temps à déménager les meubles de place. J’ai tellement de livres que je fonce m’acheter avec mon père une bibliothèque.

Je ne vous appartiens pas

Je suis irritable, je pète complètement les plombs à la maison, je suis violente, la moindre bêtise de Tristan me met dans une rage folle. Je me fais mal et Tristan assiste à mes scènes de folie. Pour éviter de le frapper, je jette tout ce que je trouve sur mon passage, je mets en vrac sa chambre, je jette ses jouets, je casse les objets, je suis invivable, je ne me contiens plus. Florent assiste des fois à ces scènes, ces hurlements. Je pète les plombs. Et je me sens possédée par un monstre dont je ne connais pas le nom. Je vais sur le net et je fais des recherches avec le mot « automutilation ». Je tombe sur les sites qui parlent du trouble borderline, et du trouble bipolaire. Au début, je me dis que non, ce n’est pas tout à fait moi, je ne suis pas aussi violente, je n’ai pas des relations conflictuelles avec ceux qui m’entourent, je n’ai pas d’appétit sexuel, je ne passe pas du coq à l’âne dans les relations, dans mon boulot, loin de là, je n’ai pas de hauts, juste des bas. Mais l’idée fait son chemin. En relisant mon autobiographie, je note cette cassure dans ma vie, qui fait penser à une phase maniaque : cette cassure, c’est celle que j’ai lorsque je découvre la foi. Je m’aperçois aussi peu à peu que ce que je considérais comme normal ne l’est peut-être pas : mes hallucinations, mes délires, ma foi qui certes m’a porté mais qui a peut-être été excessive sur certains points, mes projets délirants, mon hyperactivité, mes dépressions atypiques, mes tentatives de suicide trop nombreuses…je vois peu à peu ces hauts et ces bas… Je réalise que mes dépressions n’ont rien de tel. Même en dépression, je bouge sans arrêt, je dors très mal, ou je ne réussis pas à m’endormir avant deux trois heures du matin. Je vois les dépressions de mon entourage, la dépression de Florent : inactivité, mal être, à ne rien vouloir faire, sans avoir des idées suicidaires, à se dévaloriser, à avoir envie de dormir, et passer son temps affalé sur le canapé, donc caractérisée par un amoindrissement de l’activité. Alors que moi, dépressive et au bord du suicide, je suis comme branchée sur prise, à bouger et à penser dans tous les sens, à m'autodétruire et à être impulsive. Et surtout, je n’ai pas de réponses pour ces hallucinations auditives et visuelles et délires divers, mystiques ou autre, de possession...ni quelle est le nom de ma pathologie ? Borderline ? Bipolaire ? Psychotique ? De toute manière, je le sais déjà, je suis folle, tout le monde me l’a déjà dit depuis que je suis adolescente, je suis folle, bonne pour l’asile, autant donner un nom à ce que j’ai pour m’enfermer ou me trouver un traitement, une solution pour sauver mes enfants et ma famille !!!

Le venin ou l'abandon d'une mère

 

Capture 5A fleur de peau

Mon père nous frappait à coups de martinet, gifles, coups de pied et courses poursuites à coups de balais, parfois il a insulté ma sœur. J’ai su bien plus tard que ma mère ne supportant plus nos chamailleries de sœurs menaçait mon père de le quitter s’il ne nous « dressait » pas. Mon père ayant été battu à coups de savates et ceintures n’a fait que reproduire ce qu’il avait reçu. Ma mère n’a rien fait pour l’en empêcher et n’a rien dit. Elle ne pouvait nier, ni faire mine de ne pas entendre nos pleurs et le bruit des clefs qui faisaient du bruit lorsqu’il décrochait le martinet. Je n’ai jamais accepté son silence coupable et complice qui pour moi voulait dire qu’elle acceptait ce que mon père nous faisait et qu’elle acceptait que ses filles se fassent maltraitées. Laisser son mari manier le bâton à sa propre place alors qu’elle le voulait de toutes ses forcer. Je trouve cela tellement pervers. Longtemps j’ai cru qu’elle était une victime invisible de la violence de mon père ! Puis elle m’a dit être tellement malheureuse avec lui, lui si dur avec nous, si froid avec elle. Je la plaignais tellement. Elle a rencontré mon beau père, tout en nous utilisant comme alibi pour ses sorties en cachette. J’ai toute de suite aimé mon beau père très tendre et très câlin, des câlins qui m’avaient tant manqué de mon père qui ne savait pas comment exprimer sa tendresse, n’en ayant jamais trop reçu. J’avais 14 ans et je sautais sur les genoux de mon beau père comme une gamine. Personne n’a trouvé cela bizarre. J’étais fragile, sensible, en demande affective. Mon beau père l’a tout de suite remarqué. Ma mère peu de temps après a commencé à travailler de nuit, les câlins que je faisais le soir à mon beau père ont commencé à déraper. Il me caressait sous mon pyjama, touchait mes seins, mes poils pubiens. Il m’embrassait dans le cou, provoquant la jalousie de ma mère, me mettait sans arrêt la main à la cuisse sous la table, me mettait la main sur le sein à l’arrière de la voiture en s’allongeant la tête sur mes jambes lorsque ma sœur apprenait à conduire avec ma mère devant. Il me collait tout le temps, je n’avais plus d’intimité, même pas pour me laver, ni pour prendre un bain, me mettait la main aux fesses. Je me sentais surveillée, les escaliers craquaient devant ma chambre. Il était exhibitionniste, mettait la main sur les seins de ma mère devant nous sans retenu. Il confondait sans arrêt nos noms ma mère et moi et on nous comparait sans arrêt, nous prenant pour deux sœurs. Je n’en pouvais plus. J’avais l’impression d’être la remplaçante de ma mère. J’ai voulu prendre mes distances. Ma mère ne l’a pas entendu de cette oreille là et me culpabilisait de faire souffrir mon beau-père, lui si malheureux, et qui avait tant besoin de tendresse ! Elle ne pouvait pas supporter de voir se disloquer l’union familiale et son soi-disant sacrosaint désir de famille parfaite. Un jour où nous avions des invités notamment ma cousine, je retrouve « le viol du silence d’Eva Thomas, sur mon lit. Quelque temps après, je craque au lycée. Mon beau père au diner alors que la maison est en rénovation se demande où je vais dormir blague et me dit « tu n’as qu’à dormir à la place de ta mère comme cela elle te jettera par terre lorsqu’elle rentrera à 4 heures du matin ». Ma mère est un peu choquée mais sans plus. L’humour de mon beau père est limite mais elle le connait, il est toujours en train de rire. C’est moi qui n’ai pas d’humour d’après elle. Le lendemain, je m’effondre, et l’école est au courant. S’ensuivra plainte, chantage au suicide de mon beau père pour que je change ma version, culpabilisation de sa part comme quoi je détruis tout ce que ma mère et lui ont construit. Il me dira m’avoir fait des caresses pour me détendre face à l’affaire de la plainte des viols de mes cousins l’année d’avant. Ils me diront tous deux aussi que j’aurais cherché les viols des copains d’un petit ami à qui j’aurais soi-disant ouvert la porte de ma maison. Ils m’insisteront à ne pas porter plaintes aussi car trop ambigu. Je suis pour eux une trainée. Alors que sans m’écouter de ces viols en réunion, ils n’ont pas entendu que cela s’était passé chez mon copain qui me partageait avec ses copains. Pour eux, tout comme ma mère, je ne suis qu’une fille facile. Classement sans suite et je dois revenir chez ma mère et mon beau père recommence ses méfaits. Je quitte ma famille avec le premier venu, un arabe ! ma mère me traite de salope. Je n’aurais de cesse de la convaincre de ma version des faits, de cesse de lui faire comprendre que je veux ma liberté, le droit aux respects, que ce que j’ai vécu durant mon enfance, s’appelle la maltraitance, de l’inceste, des abus sexuels, …elle ne verra en son homme qu’un être bon et tendre qui ne me voulait que du bien et que je transforme tous les gestes tendres en gestes incestueux à cause de mon esprit tortueux et ma maladie bipolaire qu’on découvrira lors de ma dernière grossesse.

le venin ou l'abandon d'une mère

La maltraitance par négligence :

J’ai souvent décrit ma propre mère comme étant manipulatrice durant toutes mes années de thérapie sans avoir touché un seul livre sur les manipulateurs ou les parents manipulateurs.  Je sentais en moi qu'il y avait une part de vérité dans la sensation que ma mère faisait de moi ce qu'elle voulait. Je ne sais pas si c’est le cas. Dans la maltraitance, il y a ce que l’on appelle la maltraitance par négligence. Parfois, il y a  manque de protection dans la manipulation, notamment dans les cas de maltraitance et d’abus d’inceste. Il y a incapacité pour la mère dans ce cas-là hyper narcissique par exemple de reconnaître la souffrance de l’enfant et a une attitude de déni, quand elle ne repousse pas la faute sur la victime. L’une des raisons peut être une immaturité. Parfois, la mère peut avoir repéré un abus et continuer à fermer les yeux comme si elle en retirait une excitation personnelle. Il y a des cas de mères qui attendent le retour de leur mari violent pour qu’il inflige à leurs enfants la punition de leur vie ! cette femme-là s’évite, elle de battre ses enfants et préfère donner cette responsabilité à son conjoint. Il s’agit dans le cas de déni souvent des mères qui préfèrent proférer l’ignorance plutôt que d’avouer leur incapacité à avoir pu protéger leur enfant, à cause de leur propre narcissisme. Plutôt dire que l’inceste ou l’abus n’a jamais existé et que son enfant est fou ou invente des histoires plutôt de d’avouer que la personne a failli dans son rôle parental.

On y décrit aussi chez ces parents manipulateurs un manque de soutien lors des moments importants. Ma mère n’a jamais été là pour moi lors de mes grossesses, lorsque j’étais dépressive ni lorsque j’ai fait mes tentatives de suicide, pire elle me traitait de folle bonne pour l’asile. Les parents manipulateurs vous dévalorisent. C’est bien elle. Je suis folle, je suis cinglée, bonne pour l’asile, faut que je me fasse soigner, je suis dépressive donc je fabule et j’invente des histoires à dormir debout, je suis une salope…

Je parlerais de tout un chapitre sur les omissions et le déni d’inceste, rendant le manipulateur complice d’un pervers en cas d’abus sexuel.

 

 

le venin ou l'abandon d'une mère

  • Le manipulateur culpabilise l’autre

Elle m’a poussé dans les bras de mon beau père que je cherchais à fuir. Elle disait à voix haute quand il m’embrassait dans le cou entre deux portes qu’elle allait être jalouse, et lorsque je me fâchais avec mon beau père et refusais qu’il m’approche, elle me culpabilisait de le rendre malheureux parce qu’il a souffert durant son enfance, qu’il s’est reçu des coups de poing par son père et que c’est un tendre qui a besoin d’affection et de tendresse. Elle m’a toujours culpabilisé de voir en lui un monstre alors qu’elle voit en lui un garçon malheureux en manque d’affection. Bien sûr, c’était moi qui devais lui en donner. Elle a le don de me culpabiliser, et surtout de me culpabiliser de la rendre malheureuse, de la rendre dépressive avec mes histoires à coucher dehors alors que c’est son rôle de mère de me protéger et de savoir comment je vais, non de me dire d’arrêter de raconter des histoires parce que je suis folle et mythomane et que ce genre de personnes, cela finit chez les fous à l’asile psychiatrique.

Ma mère a été une mère aimante, à nos soins, mais pas protectrice puisqu’elle prônait la violence à tout va, et qu’elle ne nous protégeait pas de la violence de notre père qu’elle incitait. Bien plus tard, retournement de situation, elle va à nouveau me culpabiliser en me disant pourquoi je ne lui ai rien dit des maltraitances subis une fois qu’elle a divorcé de mon père lorsqu’à deux reprises il s’en est pris à ma sœur à coup de balai ! D’un seul coup, elle était la sauveuse de l’humanité, et c’est ma faute de ne pas avoir appelé à l’aide. Mais pendant des années je l’ai fait, et elle me riait au nez lorsque je lui disais être maltraitée et malheureuse, elle me disait que je n’étais pas maltraitée vu qu’on ne nous enfermait pas dans des placards, ne nous étions pas retrouvés à l’hôpital pleins de fractures… Elle invitera à mon encontre la folie, la dépression, la maladie et me culpabilisera de tous les maux pour expliquer de tels propos et accusations d’inceste. “si tu vas mieux et tu as des enfants tu ne diras pas de tels sottises”. “si tu dis cela c'est à cause des viols de tes cousins tu en veux à la terre entière et à tous les hommes même à ceux qui t'aiment et te veulent que du bien”. “pourquoi ne viens-tu pas chez moi. Je pensais que maintenant que tu n'es plus en dépression tu n'as plus de drôle d'idées maintenant tu vas pouvoir faire la paix avec ton beau-père et voir que c'est toi qui avais tort et qu'il ne t'a jamais voulu du mal et qu'il t'aime”.  “si tu es bipolaire c'est peut-être pour cela que tu pensais que ton beau-père t'a fait du mal. Tu inventais des choses. Ta maladie te faisait inventer des choses”. “va te faire soigner. Apparemment tu persistes dans l'idée que ton beau-père est un pervers. Ta psychologue à du travail avec toi pour te prouver le contraire”.

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Le déni dans les cas d’abus

“il y aurait trois sortes de mères : celles qui ne savent vraiment rien, celles qui doutent et celles qui sont certaines. Celles qui doutent ont des œillères, les indices sont là mais elles préfèrent les ignorer. Celles qui savent à coup sûr sont les pires et ne font rien, c’est une double trahison pour la victime.  Les partenaires silencieux passif, dépendant, infantile sont plus préoccupés par leur propre survie et par le désir de protéger l'intégrité de la famille et l'équilibre familiale plutôt que de protéger son enfant abusé. Certains partenaires ont été eux-mêmes maltraités enfant. Et la découverte de l’inceste ravive des souvenirs qui les dépassent et qu’ils ne souhaitent pas revivre. Les mères qui poussent leur fille dans les bras de leur homme sont rares, elles laissent habituellement l’agresseur les dominer, elle et leur fille. Leur besoin de dépendance se révèlent plus puissants que leur instinct maternel”

Parents toxiques, de Susan Forward

Dans certains cas de déni d’inceste, ces mères sont lâches, excessivement dépendantes et ont peur de se confronter à la vérité par peur de se confronter aux auteurs des abus. Une mère protectrice et aimante explosera et se révoltera face à l’atrocité des souffrances que l’on fait subir à son enfant. La mère défaillante reportera sur sa fille la responsabilité des faits, dira qu’elle a provoqué son père, ou comme moi, niera la vérité en invoquant ma propre folie. La mère est passive, craintive et égocentrique, terrifiée peut être par la honte de ce que penseront les autres et craintive de son avenir et des conséquences si elle agit. Que va -t-elle devenir ? plutôt que de penser à la souffrance et à l’avenir de sa fille sous le joug de son abuseur ! parfois, la mère est jalouse, se dit qu’elle a été remplacée, voyant sa fille comme une rivale. Une vrai mère croit ce que sa fille lui dit, demande le divorce, la rassure et lui dit qu’elle n’a rien fait de mal et fait le nécessaire pour que cela s'arrête ou que l’auteur des abus soit puni sans cette reconnaissance, l’enfant se sent isolé, et d’autant plus rejeté et trahi. Une mère préférera nier l’abus pour sauver les apparences plutôt que d’avouer qu’elle n’est pas irréprochable et qu’elle n’a rien vu ou a été pire, une complice aveugle ! mieux vaut culpabiliser sa fille plutôt que de se sentir elle-même coupable de négligences !

Pour ma part, ma mère a été dans le déni pour tous mes abus. Elle ne veut en aucun cas être responsable de négligence vis à vis de ses enfants qu’elle n’a pas su ou voulu protéger en temps voulu. Elle n’a pas reconnu la maltraitance et ma souffrance vis à vis des violences de mon père qu’elle a pourtant incité malgré la persistance des psychologues à lui ouvrir les yeux durant mon adolescence lors des entretiens avec elle. Non, reconnaître que j’ai été maltraitée et qu’elle n’a rien fait pour, c’est reconnaître qu’elle a fait preuve d’irresponsabilité vis à vis de nous. Mais j’ai su récemment qu’elle même incitait mon père à nous frapper ! encore pire.

lorsque j’ai été abusée par mes cousins, elle a été aveugle, et n’a rien fait. Ma sœur lui a raconté un soir ce qu’il se passait et les viols que je subissais. Elle n’a pas réagi. Et je suis resté de huit à treize ans dans les mains de mes cousins qui ont été jusqu’à la pénétration anale et qui ont aussi violé ma sœur. Qu’on ne me dise pas qu’elle n’en savait rien. Elle était au courant. Que se passait-il dans sa tête à ce moment-là ? je ne comprends toujours pas pourquoi elle n’a rien fait. Comment peut-on savoir cela et laisser son enfant se faire violer impunément ? c’est de la non-assistance à personne en danger !

Lorsqu’elle a su que j’ai été violée par des copains d’un petit ami à quatorze ans. J’étais responsable, c'était de ma faute. Aucun soutien. “tu n’avais qu’à pas leur ouvrir la porte !”. Merci maman. c'était chez mon copain! elle aurait pu tout autant me dire que j'étais une trainée et une salope, cela aurait fait le même effet! et mon beau père mettant le grain de sel en disant lors de la plainte que cela était ambigu car cela ne valait rien vu qu’il était de mon âge! alors cela veut dire quoi? et le consentement? les tournantes entre adolescents cela existe aussi! ela fait ils de nous des adolescentes consentantes? c’est sûr que vu la notion perverse qu’il a des limites de la sexualité, il n’a pas son mot à dire! il a abusé de moi.

quant à mon beau père, elle était jalouse lorsqu’il m’embrassait dans le cou entre deux portes, elle me voyait sur ses genoux à plus de quinze ans comme un bébé! scène qui en prenant du recul me donne l’impression d’une scène d’un couple! lorsque j'étais fâchée avec lui, elle n’acceptait pas que je ne veuille plus de câlin, que je sois distante avec lui et me suppliais de me réconcilier car mon beau père est un homme câlin et tendre qui a souffert dans son enfance et a besoin de tendresse...elle n'écoutait pas mes désirs, n'écoutait pas mon besoin de distance, mes paroles quand je disais ‘je ne veux plus qu’il me touche”... non, elle n’a pas entendu mes appels à l’aide quand je la suppliais d'arrêter de travailler de nuit… et elle a été dans le déni malgré la phrase choquante où mon beau père à table a blagué en disant que j’allai dormir à la place de ma mère avant qu’elle me jette par terre à 4h du matin au retour de son travail! Des signes, des signes et encore des signes qu’elle a voulu ignorer, comme le fait qu’il s’allonge sur mes jambes en me tripotant les seins sur la banquette arrière de la voiture pendant que ma mère apprenait à conduire à ma sœur! ma mère ne pouvait ignorer que son mari s'était allongé sur mes jambes!! et cette remarque d’un oncle qui me disant tout fort pourquoi je ne disais rien, moi totalement tétanisée, pendant que mon beau père tournait autour de moi lors d’un mariage, remettant mon col, en étant serré contre moi, ma mère à côté sans aucune réaction. Quand bien même, il y a eu plainte, quand bien même j’ai parlé et reparlé des faits, pourtant flagrants, que les assistantes sociales et psychologues ont tenté de démontrer à ma mère ce qui clochait, ma mère a toujours refusé la vérité. Pour elle j'étais folle, inventais des histoires, mon beau père était un homme bon qui a toujours voulu le meilleur pour nous, n’aurait jamais fait de mal à une mouche, m’aimait plus que tout et ne toucherait jamais à mes enfants. Il m’a fait une lettre lors de la plainte digne d’un abuseur où j’y ai vu du chantage au suicide. Il y parlait qu’il allait se suicider. Et que je devais reparler à la police pour changer ma version des faits. Que lui et ma mère ne mangeaient plus, ne dormaient plus, pensaient à tout vendre et que je brisais tout le bonheur construit depuis que lui et ma mère s'était connu… culpabiliser la victime encore et encore, voilà ce que j’y voyais. Ses actes étaient d’autant plus réels qu’il s’est montré sous son vrai jour lorsqu’il a joué à plusieurs reprises le voyeur, m'espionnent à travers une porte vitrée pendant mes ébats sexuelles avec mon ex-mari, ou se cachant derrière un mur me regardant me laver à moitié nue dans la salle de bain...et qu’à chaque fois je l’ai démasqué. C’est là que j’ai compris qu’il était vicieux et pervers et que je n’avais rien inventé dans ses caresses soi-disant paternelles d’après ma mère. Un vrai père ne se cache pas de sa fille. S’il n’avait rien à se reprocher, il ne se serait pas caché de moi. J’ai expliqué cela à ma mère, elle n’a rien voulu savoir. Et j’ai pendant quarante ans tenter de lui prouver mes souffrances et la perversité de son conjoint, c’est peine perdu, elle ne me croira jamais, elle a choisi son camp, celui du déni, et sa fille est folle. Elle met mes élucubrations sur le compte de ma bipolarité.  Elle préfère rester mal accompagnée plutôt que de se retrouver toute seule.

Le combat pour la liberté

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. Le moindre légume, était automatiquement rejeté : vomissements, renvoies.  La mère de Angélique voyait en cela un rejet de sa fille, que sa fille ne l’aimait pas. Sa mère le lui a toujours reproché. Elle la comparait toujours à ses deux sœurs. Elles au moins mangeaient de tout. Pas comme elle. Celle qui créait des problèmes à sa mère, celle qui était obligée de l’emmener voir les médecins et de payer.

  • Tu me coûtes cher, tu n’as aucune volonté, tu pourrais faire des efforts ! » “ De quoi j’ai l’air dehors avec une fille qui ressemble à un squelette ambulant. Tu me fais honte, et tu fais peur à tout le monde.”

Quand Angélique était enfant, et que ses deux petites sœurs refusaient de manger leurs légumes, sa mère l'obligeait à rester devant son assiette pendant des heures jusqu’à ce qu’elle mange, car elle était la grande sœur, elle devait montrer l’exemple. Sa mère lui présentait à chaque repas les mêmes légumes jusqu'à ce qu'elle les mange avec des hauts le cœur. Une fois, elle a tout vomi dans son assiette.  Sa mère en rage s'est mise à lui hurler dessus en lui ordonnant de quand même tout manger.  Parfois, sa mère faisait valser son assiette à travers la pièce, laissant tétanisée d’effroi la petite Angélique. Angélique ne pouvait pas. Alors sa mère lui enfonçait la tête dans ses épinards noircis et dégoulinant.  Sa mère la menaçait une nouvelle fois comme elle avait l'habitude de le faire de se débarrasser d'elle en la mettant en pension avec les enfants difficiles et à problèmes comme elle.  Une fois, lorsqu’elle devait avoir 6 ans, sa mère l’a prise par le bras, Angélique avait refusé son repas une énième foi. Sa mère hurlait dans toute la maison.

  • Tu l’as cherché, tu l’as cherché”

Puis elle ouvrit la porte et balança sa fille dehors, sans manteau, sans chaussures, juste en chausson, en pleine hiver et elle regarda sa fille en lui disant

  • Je ne veux plus d’une fille comme toi, tu es méchante avec moi, vas voir chez les voisins s’ils sauront mieux te nourrir que moi. Tu n’es qu’une peste qui n’est pas reconnaissante pour tout ce que je fais pour toi, et tout l’argent que je dépense pour toi pour te soigner, pour savoir ce que tu as, te nourrir...tu es ingrate Vas t’en ! “

Elle était restée ce jour-là plantée devant le portail, grelottant. Et elle a attendu sa mère lui ouvrir. C’est son père qui la retrouva. Il lui demanda “qu’as -tu encore fait pour énerver ta mère !”.

le combat pour la liberté

Angélique voyait parfois sa mère s’énerver car elle avait des obsessions non seulement hygiéniste, la peur de la maladie, mais l’obsession de la symétrie. Chaque chose devait être rangée à sa place. Les vêtements étaient rangés et pliés au millimètres près. Quand sa mère commença à lui demander de l’aider, elle s’appliquait à plier le linge à la perfection pour ne pas devoir tout refaire dix fois face à l’œil minutieux de sa mère. Les livres étaient rangées selon un certain ordre, par thème, puis par auteur. Les bibelots devaient être chacun à leur place, et lorsque l’une des filles les déplaçaient, leur mère les houspillaient en disant qu’elles mettaient le bazar partout où elle avait rangé. Les canapés devaient être collés à chaque trait de carrelage, bien symétriques. La table était dressée et digne d’un millimètre d’un grand restaurant. Il ne fallait pas se salir à table, ne pas mettre ses couverts sur la nappe mais sur le porte couvert, avoir une technique bien précise pour le moins possible utiliser sa serviette de table Leur mère disait tout le temps “

  • Voyez comme vous êtes sales et répugnantes, moi je n’ai même pas besoin de serviette de table, si on se tient bien et que l’on mange proprement, on n’en a pas besoin”

 

Ah bon ? même pour essuyer sa bouche après avoir bu de l’eau ?

  • Vous devez vous comporter tous les jours de la même manière comme si vous étiez en représentation face au monde. Qui dit que quelqu’un ne sonnera pas à la porte à l’instant même ? vous devez toujours montrer le meilleur de vous-même. Être digne de mon amour et me respecter en vous respectant vous-même. Il existe un code de bonne conduite. Je vous en donne les grandes lignes en vous éduquant. Prenez-en de la graine.

le combat pour la liberté

Puis quand elle grandit, sa mère devint de plus en plus malade, vomissait parfois à certaines heures de la soirée. Même malade, cela ne l'empêchait pas d'être sans arrêt sur le dos de sa fille. Adolescente Angélique s'était demandée si sa mère n'était pas enceinte. Mais comme cela revenait régulièrement certains soirs et que les vomissements étaient plutôt matinaux, cela devait être autre chose. Consciente du contrôle qu’avait sa mère sur elle au sujet de l’alimentation, Angélique s’est demandée si sa mère n’avait pas un trouble alimentaire type anorexie-boulimie qui faisait qu’elle pouvait provoquer ses vomissements. Ce n’est que bien plus tard, même après avoir compris la maladie de sa mère, que Angélique fit le lien entre ses vomissements et un mal bien plus sournois dès lors qu’elle fut adolescente. Mais elle restait muette et n’osait pas demander à sa mère ce qui n’allait pas, elle connaissait la réponse “si je suis malade, c’est ta faute, ce sera toujours ta faute. Tu me rends malade !” Qu’avait elle fait pour rendre malade sa mère ? Elle faisait tout ce qu’elle pouvait pour lui plaire, pour la soulager dans la maison, pour s’entendre avec ses sœurs. Elle était une élève correcte et disciplinée. Elle ne faisait pas de vague. Elle ne comprenait pas pourquoi au téléphone sa mère appelait sa mamy pour lui dire de venir car “les filles sont insupportables et je n’en peux plus! Je vais finir par me jeter sous un train si tu ne viens pas ou ce sont elles que je jetterais “Sa mère était d’une fatigabilité maladive, toujours à se plaindre d'être à l’agonie. Angélique avait très peur pour sa mère, très peur de provoquer sa mort en lui créant des soucis. Pour Angélique, sa mère était une femme fragile qu’il fallait ménager et Angélique se devait de tout faire pour la soulager. Angélique était sa propre mère.

le combat pour la liberté

Elle eut envie d'aller aux toilettes alors elle prévint sa tante qui lui demanda si elle savait où c'était et si elle avait besoin qu'on l'accompagne.

  • Non merci c'est bon.  Je suis grande maintenant.

Puis elle partit de la salle et se rendit aux toilettes. Elle rentra et en sortant, elle vit l'homme qui s'était fâché tout à l'heure avec sa mère.  Il lui bloquait la porte. Angélique recula méfiante.  Elle se rappelait les paroles de sa tante de ne pas s'approcher de lui.

  • N'ai pas peur, je ne vais pas te manger.  Je suis un parent de ta mère, je suis ton oncle.
  • Que me voulez-vous ?
  • Ta mère m'envoie te chercher.  Elle s'est trouvée mal et elle a besoin de ta compagnie.

Angélique s'inquiétant aussitôt pour sa mère demanda où elle était.

  • Viens suis moi.

 

Angélique le suivit quand il s’éloigna peu à peu du groupe et l’emmena vers un chemin qui allait vers la forêt. Angélique se demandait ce que sa mère avait bien pu faire là-bas, ne se doutant de rien. Et elle vit un petit cabanon.

  • Ta mère est à l'intérieur

Angélique entra, il faisait sombre.

  • Maman, où es-tu, je ne te vois pas. Où est ma maman ?

L’oncle se maintenait dans l’embrasure de la porte, la coinçant et l'empêchant de sortir. Angélique comprit qu’elle s'était fait prendre au piège.

le combat pour la liberté

 

En effet, lorsque la fête fut finie, la petite famille rentra en silence. Le seuil de la porte franchie, sa mère coucha les deux plus petites, Angélique se faufila dans son lit. Elle savait que sa mère viendrait lui parler. Elle en avait la certitude. Elle va pouvoir lui demander ce qu’est un pervers, qu’elle a eu très peur et pourquoi l’oncle a dit que sa mère était douée pour cela. Qu’est-ce que cela voulait dire ? Douée pour quoi ?

Sa mère vint la voir, Angélique s'apprêtait à lui dire tout ce qu’elle avait sur le cœur, mais sa mère comme une tornade, proféra ses paroles

  • Tu oublies tout ce que tu as vu, entendu, tu oublies tout, il ne s’est rien passé, tu racontes n'importe quoi ! Inventer des histoires pour se rendre intéressante, c’est finir chez les fous ? tu es folle? pourquoi tu dis des conneries pareils?
  • Mais maman, c’est vrai !
  • Tu me racontes n’importe quoi, tu fabules, tu t’imagines des choses. Mentir c’est très mal, et tu es en train de devenir une mauvaise, très mauvaise personne. Il n’y aura pas de procès puisqu’il ne s’est rien passé. Et tu n’appelleras pas ta tante car elle, et ma famille n’existe plus pour moi. Il n’y a que nous, que toi et moi. Les autres nous ont laissé tomber depuis longtemps. Alors maintenant, tu oublies tout. Maintenant, tu t’excuses
  • M’excuser pour quoi ?
  • Pour avoir proféré des mensonges
  • Mais maman !!!
  • Excuses toi ! avec toutes ces histoires, je commence à me sentir mal, tu veux ma mort ? c’est cela ? tu veux que je meurs ?
  • Non maman, je ne veux pas, dit Angélique au bord des larmes.
  • Alors excuse toi, et tout de suite
  • Pardon
  • Pardon pour quoi ?
  • Pardon pour avoir menti et t’avoir fait du mal, maman.
  • C’est bien, tu vois que tu peux être une gentille fille quand tu veux. Bon, maintenant je me sens mieux, je peux aller me coucher.

Sa mère partit, Angélique était perdue. Avait-elle tout inventé ? Voulait-elle se rendre intéressante ? C’est quoi un pervers ? elle n’aura pas eu sa réponse finalement. Pour l’amour de sa mère, elle mit cette journée au fond de sa mémoire, ses rires et ses larmes, et la joie d’avoir découvert une nouvelle famille en sa tante et ses cousins et cousines. Peut-être, les reverrait elle un jour ?

Mémoire effacée

Capture 2

Elle avait vraiment l’impression d'être une personne à part dans ce monde. Trop sérieuse ? toutes ses copines étaient amoureuses, avaient déjà fait l’amour au moins une fois, Sabrina, on ne comptait même plus, sans compter les positions qu’elle avait expérimenté !!! Marie avait l’impression d'être la seule à voir que la vie, ce n'était pas un jeu, et qu’on ne faisait pas n’importe quoi avec n'importe qui et avec son corps. Mais d’où lui venait cette sagesse ? elle ne le savait pas ? peut-être est-ce sa mère qui lui avait enseigné le respect de soi même et des autres? elle avait l’impression que les jeunes d’aujourd’hui ne respectaient rien ni les autres ni eux même, et qu’ils n’avaient aucune patience, qu’ils voulaient expérimenté tout , tout de suite sans attendre, sans attendre le bon, le bon moment...vouloir assouvir leur désir immédiatement...et jouer avec la vie et la mort.

Marie ne veut pas de cette vie-là.

 

Cette nuit-là, Sabrina fut réveillée par les cris de Marie qui criait

  • Non, laisse-moi, je ne veux pas, ne me touche pas, non, Marc, ne fais pas ça, non…
  • Non, non, non….

 

Sabrina s'empressa de secouer Marie qui continue de hurler et de se débattre dans son sommeil comme si elle se défendait d’un agresseur.

 

Sabrina a eu du mal à la réveiller mais au bout de deux minutes elle réussit enfin à la faire taire, et Marie ouvrit les yeux, un peu perdue.

  • qu’est ce qu’il se passe?
  • Tu faisais un cauchemar et tu hurlais et tu te débattais. Tu veux un verre d’eau ?
  • Oui je veux bien, merci

Les filles descendirent dans la cuisine. Marie était encore à moitié endormie, elle but son verre d’eau.

  • Désolée de l'avoir empêchée de dormir
  • Non ce n’est pas grave, je suis là pour cela. C’est moi qui t’ai invité. C’est toutes les nuits pareil ? toutes les nuits tu fais des cauchemars ?
  • Oui il me semble, je m’en souviens bien. Je fais toujours des rêves avec le même homme et la même jeune fille blonde. Je ne sais pas qui ils sont mais ils me sont familiers.
  • tu as prononcé un prénom dans ton cauchemar, peut-être cela te dira-t-il quelque chose? c’est Marc.
  • Marc ? Non cela ne me dit rien. Faut que je continue à fouiller dans l’arbre généalogique, peut être que je trouverais des similitudes. Le problème c’est que ma mère ne veut pas me donner des détails pour obtenir l’acte de mariage avec mon père, je porte le nom de famille de ma mère, je ne connais pas le nom et prénom de mon père. Elle l’a complètement banni de sa vie et de ma vie. Je me demande bien ce qu’il a fait pour cela ? et mes grands-parents maternelles sont bouche cousus, ils ne veulent rien me dire non plus!
  • Allez ! va plutôt te recoucher. Tu auras peut-être l'esprit plus clair demain.
  • Je crois plutôt que plus j'avance, plus cela s'embrouille…tu crois que c'est illégal de me refuser le droit de me donner le nom de mon vrai père ?

Je ne sais pas marie 

Mémoire effacée

Marie prend son courage à deux mains pour expliquer sa demande de thérapie à sa mère

  • Tu vois je crois que cela me ferait du bien. Je suis super angoissée en ce moment. Tu le vois bien. Je fais de plus en plus de cauchemars.
  • Oui je vois bien que tu t'angoisses. C’est peut-être le baccalauréat ?
  • Je pense qu'il y a plus que cela. J’arrive à une période où je cherche mes origines et où je ne trouve pas de réponses à mes questions et où je trouve toutes les portes fermées.  je ne connais pas mon père.  J’ai l'intime conviction que je sais des choses sur mon passé mais je n’ai pas accès à ma mémoire. J’ai besoin de savoir qui je suis et d’où je viens.
  • Ne va pas vers cette direction-là cela va te détruire. Tu n’as pas besoin d’en connaître plus sur ton père, il ne mérite pas ton intérêt sur sa personne.
  • Pourquoi ? pourquoi me refuses tu la vérité de mes origines ? pourquoi me refuses tu de retrouver la mémoire ?
  • Si tu ne te souviens pas des choses c'est qu'elles n'existent plus
  • Ou qu'elles ont existé et que tu ne veux pas me le dire
  • C’est pour ton bien et pour le bien de la famille
  • Et toi seule a le droit d'en décider ? n'ai-je pas le droit de savoir pour me faire mon idée aussi ? Je vais être majeure. J’ai le droit de connaître la vérité sur la famille, sur ma naissance, mon passé et mes ancêtres. Tu n'as pas le droit d'être la seule ni toi ni papy et mamy à en décider. Je voulais te voir pour te demander d'avoir recours à l'hypnose s'il le faut.
  • Je te demande encore pour l'instant de ne pas t'aventurer dans ce chemin. Cela risque de te détruire.  La vérité te détruira plus qu'elle ne t’apaisera. C’est pour te protéger que je fais cela même si je comprends ta quête de sens de tes origines. 

Des larmes de colère et de dépit coulèrent sur les joues de Marie. Elle ne comprenait pas sa mère et son obstination à vouloir cacher une vérité censée protéger marie. Mais c'est ce secret qui est en train de la détruire au contraire. Sa mère ne le vit-elle pas ?

  • Sache que coute que coute j’aurais une thérapie, c’est dans le processus de mes études en psychologie, tu ne m’en empêcheras pas
  • Alors tu devrais peut-être penser à faire autre chose qui t'éviteras de remuer le passé, ce serait plus sage
  • Renoncer à mes études de psychologie lors que ce n’est pas passion depuis plusieurs année. Jamais de la vie. Si tu m’en empêche je quitte la maison ! dit marie en claquant la porte au nez de sa mère

Mémoire effacée

Peu à peu le quotidien de Marie changea et trouva un nouveau rythme. Marie en plus de sa perfection et son obsession pour ses études trouva une manie pour la propreté.  Elle passait son temps à laver. Se laver. Les mains, le corps. Pouvait passer plusieurs fois le gant et le savon sur son corps et son sexe. Laver et relaver jusqu'à la perfection, jusqu'à ce que le sol et les robinets brillent. Elle avait l'impression que tout était toujours sale et impur et pleines de bactéries et pouvait contaminer tout le monde. Elle ne savait pas pourquoi elle se sentait toujours sale en permanence.  Elle sortait de moins en moins et ne sortait que pour aller au lycée. Elle trouvait toujours une excuse pour ne plus faire une virée avec ses amies de peur d'être contaminée.  Ou si elle sortait elle se lavait doublement. Sa mère ne voyait rien. Elle voyait une maison propre et rangée.  Tout était alignée de manière militaire et ordonnée.  Cela rassurait Marie qui sentait son univers 0s'effondrer tout autour d'elle au fur et à mesure. Manger devenait compliqué aussi. Chaque aliment devait être sain. Pesé au gramme près. Manger local.  Manger bio. Manger si possible végétarien. Marie n'a d'ailleurs jamais aimé trop la viande.  Manger sans les cochonneries d'additifs. Tout vérifier sur chaque paquet et tout faire soi-même.  Pas de plat industriel. Et elle n'avait pour obsession que de manger que du vert. Pour elle, le vert était synonyme de santé.  Elle avait découvert les bienfaits des graines et des épices et en mettait partout. 

 

Elle commençait à avoir peur des gens. Elle avait l'impression qu'ils lisaient dans ses pensées. Qu’ils savaient tout d'elle. Qu’elle était sûrement folle. Peu à peu des pensées obsédantes l'envahissaient. Sous forme d'insultes qui sortaient de je ne sais où à chaque passant qu'elle croisait. Elle ne se reconnaissait plus. D’où sortaient ces mots elle si prude et si gentille ? d’où sortait cette violence et cette vulgarité ? c'est comme si elle était possédée par une autre personne, ou une autre voix parlait en elle. Est-elle victime d’hallucination ? d'où sortent ces insultes ? ce n'est pas elle qui les pense non. Elle n'y croit pas. Elle ne se souvient pas avoir jamais pensé un seul mot de ce genre de quelqu'un de toute sa vie. Alors pour de pauvres inconnus qu'elle croise dans la rue ? qu'est ce qu'ils lui ont fait ? rien pourtant 

C’est elle qui est folle avec ce délire de paranoïa ou de persécution à croire qu'ils la croient folle en pensant qu'ils entendent ses délires et ses pensées.

Voilà pourquoi elle se refuse de plus en plus à sortir. Pour ne plus entendre ces voix. Ces insultes.

Et ce n'est pas tout. lorsqu'elle rencontre des hommes ou les copains de ses amies elle entend une voix dans sa tête qui sort de je ne sais où qui parle et qui parle sans arrêt lui disant qu'elle est une perverse et une marie couche toi là et que c'est ce qu'elle veut c'est à dire coucher avec tout le monde donc de ne pas hésiter et foncer et de séduire tout ce qui bouge et de baiser et baiser "puisque je ne suis qu'une s….pe."  Cette voix sort que des insultes et mots vulgaires sur le compte de Marie pour la qualifier, ce qui la outre au plus haut point. Mais pendant les conversations, Marie est envahie par cette voix et ne cherche qu'à la faire taire si bien qu'elle ne répond plus quand on lui parle, les yeux perdus ailleurs ou bien elle se met les mains devant les oreilles prétextant un mal être ou trop de bruit ambiant.  Parfois on la voit s'enfuir en courant subitement sans raison. Ses amies ne la comprennent plus et de moins en moins. Marie s'éclipse sans raison, s'isole de plus en plus, parfois pleure sans dire pourquoi. Même Sabrina n'arrive plus à lui tirer les vers du nez. Et ses amies ne la voient quasiment plus en dehors du lycée.

Mémoire effacée

  • Je te déteste, cria Sarah, tu t’es laissé engrosser par cet imposteur, incapable d’accepter que sa mère puisse remplacer son père et faire un enfant avec un autre.
  • Tais-toi, tu ne dis que des bêtises, rétorqua sa mère
  • Tu n’aimes plus papa, dis-le. Crie-le-lui que tu ne l’aimes plus, dis Sarah qui avait l'impression d’une nouvelle trahison envers son père mort.
  • Si je l’ai toujours aimé, mais il est mort. J’ai bien le droit de refaire ma vie et d'être heureuse. Pourquoi ne l’acceptes-tu pas ?
  • Non. Et puis merde. Je hais cette famille. Je te hais, et je hais cet intru.
  • Arrête de dire cela. Tu n’es qu’une égoïste. Tu ne m’aimes donc pas pour dire cela ? Tu ne veux pas que je sois heureuse ? Pense aux autres un peu, au lieu de ne penser qu’à toi ! Tu crois qu’il n’y a que toi qui as souffert de la mort de ton père ? Moi aussi, mais j’ai fait mon deuil. J’ai le droit de revivre maintenant.

Sa mère pleurait doucement car elle avait mal pour sa fille qui ne vivait que dans son passé et qui faisait souffrir tout le monde y compris elle-même en refusant de faire le deuil de son père, en refusant le bonheur de sa mère, en refusant l’amour de Marc, son beau-père. Si au moins elle essayait de faire un petit effort. Mais Sarah n'était qu’une boule de nerf, de furie. Elle hurlait et criait de manière hystérique.

Sa mère arriva pour la calmer en la prenant dans ses bras. Sarah recula, dévisagea sa mère, et courut dans sa chambre en criant “je vous hais, je vous hais tous…”

Sarah pensait que le fait d'être amoureuse annonçait le début du bonheur. Mais non. Voilà que sa mère tombait enceinte de cet homme qui ne lui inspirait pas confiance. Ils l’avaient trahi. Sarah avait essayé de faire des efforts ces derniers temps pour accepter son beau-père. Les relations s'étaient améliorées en même temps que son idylle avançait dans le temps. Mais sa mère lui avait caché sa grossesse depuis plusieurs mois. Elle avait attendu la date fatidique des trois mois de grossesse. Elle devait maintenant accepter qu’elle ne soit plus fille unique.

Mémoire effacée

Les semaines passaient, et le bébé grossissait. C’était une fille. Mais l'état de la mère de Sarah se détériora.  Elle se réfugiait de plus en plus dans un silence pesant, se plaignait de douleurs que les médecins ne comprenaient pas, et elle restait alitée de nombreuses heures. Vers le 5ème mois, elle commença à avoir ses premières contractions, ce qui l'obligeait à rester allongée. Au 7ème mois, elle partir à l'hôpital pour une menace d'accouchement prématuré laissant Sarah et son beau-père seuls ensemble.

 

Sarah se préparait à dîner, parce que son beau-père ne savait pas faire grand-chose. Elle fit du poisson en papillote avec des petits légumes verts et un peu de riz basmati. Le dîner sentait bon. Marc, son beau-père arriva dans la cuisine.

  • Tu cuisines aussi bien que ta mère.
  • Merci
  • Elle me manque tu sais. Tu lui ressembles beaucoup. Mais tu as la jeunesse et la joie de vivre qu’elle n’a pas.
  • Elle n’a pas eu la vie facile.

Il s’approcha de Sarah tout doucement pour la prendre dans ses bras.

  • Toi aussi tu n'as pas eu la vie facile, je  sais par quoi vous êtes passées toutes les deux et je ne pourrais jamais remplacer votre père.

Il lui caressa la tête, tout doucement. Sarah était gênée mais se laissa faire, elle n'était pas habituée à de la tendresse de sa part. Il descendit ses mains vers son dos.

  • Tu es encore plus belle que ta mère
  • Non, je ne crois pas. Elle a la beauté des femmes enceintes, elle est encore jeune.

Il lui massait le dos, elle se laissait faire. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas reçu de tendresse de la part d’un père.

  • Détends-toi, qu’est-ce que tu peux être tendu !!

Il balaya sa main le long de son dos de haut en bas, et s’attarda au niveau du haut de ses fesses. Sarah sursauta. Elle se dit qu’il avait dérapé et n’en tient pas compte.

  • Tu sens bon dit-il en respirant son parfum. Il respirait fort et sentait encore la cigarette et la bière. Il descendit une nouvelle fois ses mains sur ses fesses puis sur les hanches de Sarah et remonta ses mains et prenant le visage de Sarah entre ses mains. Sarah se demandait ce qu'il lui voulait et pourquoi il la fixait de cette manière.

Mémoire effacée

  • Pourquoi tu ne m’invites jamais chez toi ? demanda Erwan
  • Parce que ma mère est malade et je ne veux pas que tu rencontres mon beau père.
  • Pourquoi, il est méchant avec toi ?
  • Odieux si tu savais !! mais je ne veux pas en parler !
  • Mais j’aimerais bien connaitre ta petite sœur
  • Ok, tu peux passer à la maison mais pas question que tu t’attardes !
  • D’accord, je passe te chercher tout à l’heure ?
  • Pas longtemps, je t’ai dis
  • Ok, message reçu

 

Après les cours, ils partirent vers 17h30, du lycée, se prirent un gouter et arrivèrent sur les coup de 18h à la maison de Sarah. Marie était en train de pleurer. Sa mère essayait de la calmer en vain. Sarah accourut et la prit dans ses bras. Elle la berça en chantonnant un petit air. Sa mère s’effondra sur le fauteuil tout en saluant Erwan.

  • Je crois qu'elle fait ses dents ! impossible de la calmer !

Puis elle se leva péniblement pour aller préparer un biberon et commencer à préparer le repas de ce soir. Le biberon prêt, elle le donna à Sarah qui nourrit sa sœur.

Pendant que sa mère s’attela au dîner, Marc arriva. Il regarda Erwan de travers.

  • Tu es qui toi ?
  • Le petit ami de Sarah, je m’appelle Erwan.

Puis Erwan dit à l’oreille de Sarah :

  • Tu ne leur as pas parlé de moi ?
  • A ma mère si, mais mon beau père laisse tomber ! il n’a rien à faire dans ma vie sentimentale !
  • J’aurais à te voir, Sarah ce soir, dit son beau père

 

Sarah savait bien que c'était une mauvaise idée d’avoir amené Erwan à la maison. Dieu seul sait ce qui l’attendait ce soir, et quel punition elle allait avoir de la part de son beau-père!

Erwan ne resta pas trop longtemps et sur le seul de la porte, il dit le fond de sa pensée :

  • Il n’a pas l’air commode du tout ton beau-père ! Qu’avait à me regarder ainsi en arrivant ? Mais que te fait-il subir ? il a l’air d'être un tyran !
  • Pire que cela en fait !
  • J’espère que je n’ai pas envenimé les choses en m'obstinant à venir ici, j'espère. Tu me dirais, s’il te faisait du mal, non ?

Sarah ne prononça pas la réponse escomptée.

  • Je t’aime
  • Moi aussi je t’aime. A demain.

 

(...)

 

Sarah était sur ses devoirs depuis une bonne demi-heure quand elle vit apparaître cette fois ci son beau-père.

  • Alors tu m’avais caché ton histoire d’amour ?
  • Tu n’as rien à faire dans ma vie amoureuse, je ne vois pas pourquoi je t’en parlerais.
  • Cela m'intéresse au contraire ! t’a-t-il déjà touché ? fait l’amour ?
  • C’est ma vie intime, je n’ai pas à t’en parler
  • Oh que si cela me concerne, je n’ai pas l’intention de me retrouver avec un autre mioche à la maison, j’ai le droit de savoir si tu couches avec lui ! viens là et montre-moi si tu es vierge !
  • Mais ça ne va pas la tête, tu n’as pas le droit de me toucher
  • Si tu me montreras espèce de petite perverse. Tant que tu es sous mon toit, j’ai le droit de décider avec qui tu coucheras ou pas.
  • Et qui t’en donne le droit ?
  • Vas-y alors, pars de la maison
  • Je n’abandonnerais pas maman et ma petite sœur, surtout avec un pervers comme toi
  • Alors montre-moi si tu es vierge.
  • Non je ne le suis plus
  • Approche-toi

Sarah s’approcha. Il souleva sa chemise de nuit et mit sa main dans la culotte et introduisit son doigts dans son vagin.

  • Est ce qu’il a été doux au moins ? c’est un bon amant ?
  • Mêle-toi de tes oignons.
  • Tu es vraiment insolente, il faudrait vraiment que je te corrige un jour.

 

Puis il repartit aussi vite qu’il était venu. Sarah s’attendait à bien pire que cela même si elle se sentait sale. Il n’avait jamais osé toucher cette partie-là de son corps. Elle tremblait encore car à chaque fois, elle puisait toute l'énergie de son corps pour affronter son beau-père et elle en ressortait vidée. Elle s’effondra dans son lit en larmes.

A fleur de peau

Capture 3

 

Aveugle

Ma famille a toujours été aveugle face à ma souffrance, alors face à mon anorexie encore plus.

Ils ne m'ont jamais vu faire le yoyo avec mon poids.

Ado, j'ai fait plus de 70 kilos, puis je suis descendue à 45 kilos en l'espace de 6 mois. Je me cachais sous des pulls certes mais quand même, faut avoir de la merde dans les yeux, le visage grossit et s'affine!! et en été, cela se voit.

Ma famille a été aveugle pour bien des choses, pour ma maltraitance aussi. Ma mère ne m'a jamais cru maltraitée par mon père, malgré les coups de fouet, malgré les coups de pied et coups de balais, les gifles à en faire voler les cheveux.

Non, je n'avais pas de bleus, ni de fractures, non je n'ai pas été hospitalisée. Non donc je n'ai pas été maltraitée. Non mais j'ai été violée, pénétrée, j'ai été sodomisée, j'ai fait des fellations, j'ai pissé le sang au toilette pendant des jours et des semaines à pleurer de douleurs... c'est juste des jeux du papa et de la maman, des jeux de gamins... ! pas de quoi en faire un drame. J’avais entre 7 ans et 13 ans, ils étaient majeurs!!!

Non, je n'ai pas eu d'attouchements de la part de mon beau père, ce n'était que des chatouilles !!ben voyons, il s'amusait avec moi, et il est câlin, il a tant besoin d'amour, le pauvre, c'est un gros bébé à son âge et quand maman n'est pas là, c'est sa fille qui doit le consoler!!

Alors voir que sa fille est suicidaire, anorexique, malade, dépressive ? jamais, on n'est pas fou dans notre famille...peut être que si, ma fille est bonne pour l'asile me dit-elle sans arrêt quand je lui dis que j'ai envie de mourir.

Sans arrêt, je l'ai appelé à l'aide, et a chaque fois, elle m'a tourné le dos.

Pire, face à toutes mes maltraitances et aveux, face aux plaintes, ils m'ont demandé de me taire, pour pas faire d'histoires, pour pas à avoir à choisir entre les membres de la famille...quitte à me sacrifier. Un assassinat , une vie de thérapie , une vie de souffrance pour protéger des violeurs et pédophiles qui ont aussi violés ma sœur qui a trois ans de moins que moi.

A fleur de peau

Fragilisée déjà par la dépression consécutive au divorce de mes parents et à la découverte de la maltraitance de mon père, et de mes idée suicidaires par moment, je commence à me goinfrer de nourriture, de gâteaux, bonbons, kebab, fast-food, puis viennent les premières crises de boulimie chez ma mère à m’enfiler un plat de pâtes froide de la veille à même le frigidaire, avec des bières en prime…c’est l'image dont je me souviens. Je ne me rappelle pas si je me fais vomir ou pas. C’est aussi à ce moment là où je commence à piquer des médicaments dans la trousse à pharmacie de ma mère

16 ans : après être montée à plus de 70-75 kilos, loin de mes 55 kilos, je révèle les viols de mes cousins après avoir réalisée ce qu’ils m’avaient fait subir à la suite d’une conférence sur le sida au lycée.

S’en est suivi entretien chez l’assistante sociale, plainte, aveux, démolition en règle par les mères des cousins le soir même, puis ma famille notamment mon père qui ensuite fait tout pour nous faire taire. Les viols seront requalifiés comme jeux d’enfants du papa et de la maman.

Moi, je sombre à l’état opposé, après la boulimie, c’est l’anorexie, de plus de 70-75 kilos je passe la barre des 50 kilos voir en dessous peut être 46-45 kilos en l’espace de même pas 6 mois. Mes parents aveugles n’y verront que du feu.

Mais là encore, aucune envie de maigrir, aucun soucis de plaire ni de ressembler aux mannequins. Mon apparence m’indiffère, ressembler aux autres et faire partie d’un groupe c’est pareil, je m’en fiche. M’habiller comme un sac à patate tant que je suis à l’aise et que cela cache mes formes, c’est là où je me sens le mieux. Les seuls fois où j'ai été féminines par le passé, je me suis faite soit harcelée, agressée ou violée…

Mais à chaque fois qu’une crise passe, mon poids se régule de lui-même et je retrouve un poids normal. Je n’ai jamais eu besoin d’hospitalisation. De toute façon, personne n’a rien vu, pas même un médecin

En 1999, je suis avec un pervers narcissique après avoir fui le domicile parental

Vers 2003, crise mixte (même si mes premiers signes de troubles bipolaires datent de mes treize ans), tout ne va plus dans mon couple. Je suis en rupture avec ma mère en dénonçant les attouchements une nouvelle fois de mon beau père, elle ne veut plus entendre parler de moi, ma vie de couple bat de l’aile, je ne sais pas pourquoi,  sans savoir que je vis l’enfer de la violence conjugale, on vit dans la misère à récupérer les restes de la cantine du midi de mon travail pour pouvoir manger le soir, du moins pour que mon mari mange le soir, moi, je ne mange plus rien le matin, je picore le midi et le peu que je mange, je le vomis car je ne digère rien, le repas du soir, je le donne à mon mari, la nourriture me dégoûte…je n’ai même pas envie de maigrir, là n’est pas mon obsession, mon obsession, c’est qu’il mange à sa faim, c’est de nous sortir de la misère , c’est qu’il sorte du chômage, qu’on ne vive plus que de mon smic, …je vais à l’hôpital pour savoir pourquoi je n’arrive à rien garder dans mon estomac, on me fait une fibroscopie pour voir si je n’ai pas de lésion, d’ulcère qui serait la cause de mes renvoies quotidien (renvoie que je ne provoque pas cela va de soi) aucun résultat, il n’y a rien , le médecin femme qui m’ausculte, prend mon poids, constate que je subis des sévices sexuels,  en vient à pleurer car se rend compte à l’évidence que je supporte quelque chose de bien plus lourd que ce que je ne le pense et ce que je ne veux bien n’en dire...et confirme lorsque je lui parle de mes saignements anaux lorsque je vais aux toilettes que la fissure que j’ai sont la conséquence de viols. Je n’ai pas de balance chez moi, chez mon médecin, je dois tourner aux alentours de 45 kilos. , elle  veut m'arrêter mais je ne veux pas me retrouver seule face à mon mari qui est au chômage pour qu'il me fasse subir ses assauts sexuels pour continuer à me violer. Et en même temps, avec le recul, je constate que je suis dans une période dite mixte car toute en étant dans un état lamentable, je suis sur de multiples fronts, multiples projets, cherchant à m'en sortant désespérément par tous les moyens, parlant à tout le monde qui me tirent les sonnettes d'alarme sans que je comprenne pourquoi on me dit tout le temps que je dois partir car je suis en danger de mort.

 

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A fleur de peau

Je me sens mal.

Je ne mange plus rien. Je ne mange qu’un yaourt, une salade par jour tout au plus, par plus de 250 calories, je mets 6 couches de vêtements car j’ai tout le temps froid, et je ne pense qu’à me mettre sous la couette car il n’y a que là que j’ai chaud. Je suis fatiguée. J’ai perdu 22 kilos depuis juillet dont 14 depuis décembre. Cela fait deux heures que j’ai bu mon cappuccino, et je me sens mal, j’ai envie de vomir, même pas sure que je mangerais ma salade ce soir. Ce midi, une heure après mon yaourt, pareille j’avais envie de vomir. Je ne sais pas si ce sont mes maux de tête qui ont réduit au maximum mes prises alimentaires ou si c’est mon régime qui se réduit à peau de chagrin, mais c’est de pire en pire. Je verrais ce que la psychologue m’en dira demain lorsqu’elle verra le tableau de mes repas.

 

Mardi 05 mars 2019

 

Bien décidée à sortir de cet enfer, j’ai décidé de manger deux tranches de jambons cru ce matin, tout comme hier, j’ai mangé une verrine, une grosse verrine de contenance d’un verre de pot de nutella. Même si j’ai perdu 300 grammes dans la nuit. Résultat, peu après, je me suis sentie vraiment mal même si j’ai pris du plaisir à manger ces deux tranches de jambons tellement j’avais faim. Je n’avais qu’une envie, tout vomir, et m’allonger. J’étais nauséeuse. Mais c’était l’heure d’accompagner les enfants à l’école, alors j’ai pris sur moi pour tenter d’oublier mon malaise. Ce n’est pas cela qui va m’aider à faire de efforts pour remanger normalement.

 Ce midi, j’avais faim, alors j’ai mangé une grosse verrine saumon ananas et un tartare de saumon. A peine fini, une énorme envie de vomir, des hauts le cœur, direct aux toilettes, la tête au-dessus des cuvettes en train d’essayer de me faire vomir sans succès, les yeux en larmes et la nausée pendant une bonne heure jusqu’à ce que je parte voir la psychologue à qui j’ai fait mine que j’allai bien.

A fleur de peau

Au réveil, je suis aussi fatiguée que dans mon rêve, un peu le tournis, et un début de mal de tête qui s’amplifia dans la journée avant de se transformer en migraine.

Puis malgré les antidouleurs, m’allonger sur le canapé la tête sous un coussin à l’abri de la lumière et du bruit, je n’en peux plus, l’idée de me scarifier peu à peu monte en moi. Pourquoi, je n’en sais rien. Tout autant l’idée que je ne vais encore rien manger de la journée à part ma compote de ce matin et du chocolat blanc et de la joie de retrouver peut-être le lendemain matin un kilo en moins sur la balance.

Je suis en phase mixte dit le psychiatre et je sais que dès que je suis en phase mixte, je me scarifie et je perds du poids. Je perds du poids en hypomanie certes mais tot ou tard cela se transforme en phase mixte car ensuite je m’automutile. Anorexie est intimement lié à automutilation pour moi. La preuve : j’étais débarrassée de mon automutilation depuis cinq ans, je rechute en anorexie et vlan à nouveau je me scarifie.

Faut absolument que Florent n’en sache rien, mettre un haut, un pyjama, m’en acheter un, dire qu’avec mes migraines j’ai tout le temps froid, mais ne surtout pas qu’il sente ou qu’il voit un millimètre de pansement sur mon bras. Je ne saurais pas quoi lui dire. Tout le monde croit que je vais bien, que je vais mieux alors que je me bats encore avec mes vieux démons anorexie, automutilations, viols, coups, maltraitances et compagnies…et mes trous de mémoires. Il n’y a que ma mère et mes psy qui savent avec quoi je me bats. Oui je vais mieux, mais ce n’est pas encore cela, je continue toujours mon entreprise d’autodestruction, de contrôle…

 

Je suis pressée d’être demain pour pouvoir parler à ma psy de ce dérapage d’aujourd’hui dont je ne connais pas la cause,

A fleur de peau

Juin 2019

 

Anorexique adulte

 

Et oui, j’ai 38 ans. Et je suis anorexique depuis l'âge de 16 ans. Tant d’années de troubles alimentaires, de phase variable en intensité et en gravité. Je n’ai jamais été hospitalisée, n’ayant jamais été au-delà de 45 kilos. Mais bien que retombant sur mes pieds à chaque fois mais n’ayant jamais été traitée pour mes troubles alimentaires vu que l’on ne les a jamais détectés, c’est devenu chronique. Tous les 5 ans en moyenne depuis l’adolescence, je rechute irrémédiablement. Je fais le yoyo à 40 kilos près.

On est anorexique adolescent comme à l'âge adulte. Adolescent on a des aides, des unité d’hospitalisation mais pour les adultes ? C’est le désert !!

Mes périodes anorexiques n’ont jamais été au-delà de plus de deux ans. Entre le début du régime, la descente en anorexie et le retour au poids normal.

 

Je suis anorexique, ou je souffre d’anorexie dit-on. Je ne suis pas ma maladie. Mais longtemps, je me suis identifiée à elle, c'était ma seule identité.

 

J’ai 38 ans. J’ai un IMC normal et non, on ne croirait pas que je souffre d’anorexie, car pour le commun des mortels, l’anorexie, ce sont les corps maigres et décharnés qui ressemblent à ceux sorties des camps de concentration. Mais on peut être obèse et anorexique, avoir un poids normal et anorexique ou être en famine et anorexique ou être maigre de constitution par nature et ne pas être anorexique. Le poids ne veut rien dire. C’est le comportement et les pensées qui font tout.

Non, j’ai toujours mes règles et je ne suis pas en aménorrhée mais je l’ai été par le passé, mais l’obsession de la nourriture et la peur de grossir de ne serait-ce 100 grammes est un combat de chaque jour, je pense calories tout le temps, je contrôle mes menus et les planifie plusieurs mois à l’avance pour ne pas qu’ils dépassent un certains seuils de calories par jour, je pèse mes plats, je me pèse plusieurs fois par jour, parfois plusieurs fois en l’espace de 5 minutes, pour avoir le chiffre le plus bas. Je suis perfectionniste, ai tendance aux tocs, je suis à tendance végétarienne, j’ai exclu beaucoup d’aliments, il y a les aliments interdits et les aliments autorisés, les aliments qui font grossir et ceux qui ne pèsent rien sur la balance, je fais des plats pour les autres et il faut qu’ils les mangent, à la limite si je ne les engueule pas ou ne les force pas à manger, pour les faire grossir, par peur qu’ils manquent alors que moi je me prive de plus en plus. je n’ai jamais mis autant d’énergie à faire à manger, et à manger de plus en plus sain… je me suis prise de passion non seulement pour le végétarisme mais aussi pour l’alimentation saine et le fait maison. Je veux tout contrôler et si je dérape, je cherche à me punir. Si c’est la nourriture, je me fais vomir. Ma peur c’est de redevenir obèse et de basculer dans la boulimie.

Par le passé, cela n’a jamais été le cas. A 15 ans, j’ai d’abord et boulimique avant d’être anorexique mais l’anorexie ne m’a jamais plus quitté depuis et je ne suis plus jamais retombée dans la boulimie.

Anorexie mentale? anorexie mentale atypique car encore avec un poids normal? à partir de quand bascule-t-on d’un régime draconien à l’anorexie? 

A fleur de peau

Juin 2019

Anorexie et autisme

Il y aurait-il un lien ?

L’anorexie et l'autisme se chevauchent et selon des études, jusqu'à 20% des personnes souffrants de troubles alimentaires persistants seraient autistes.

De par leurs ritualisations, leurs isolement (à moins que ce fût déjà un fait réel avant le début du trouble, ce qui est confirmé par certaines études. C’est peut-être d’ailleurs par une volonté de fondre dans le moule et être intégrée dans un groupe en étant mince au départ pour plaire aux autres, que l’anorexie peut s’installer), le besoin de régularité et de routine, résistance aux changements, les particularités sensorielles...peuvent jouer en faveur d'un diagnostic d'autisme en cas d'anorexie. Ne pas aimer certaines textures et donc exclure certaines types d'aliments, ritualisation lors d'un repas avec organisation de l'assiette en fonction des couleurs, picorer telle texture, tel aliment pour tel particularité.

Plusieurs études disent que certaines personnes anorexiques ont du mal à se faire des amis et à maintenir des relations sociales avant même le début des troubles et persistent même après le retour à un poids normal. Les personnes anorexiques ont un schéma de pensée et de comportement rigides, un besoin de constance dans l’environnement et une résistance au changement. Ces traits sont aussi présents chez les personnes autistes.

https://femmesautistesfrancophones.com/2017/01/18/le-lien-invisible-entre-autisme-et-anorexie/

 

De là à ce qu'on pense que la nourriture devienne un intérêt restreint propre à l'autisme, il n'y a qu'un pas.

 

Moi, et les aliments :

Je n'aime pas la peau du poulet ni sa graisse, je n'aime pas la viande ou très peu. je n'arrive pas à mâcher, avaler et recrache tout.

Je n'aime pas le côté farineux de certains aliments : petits pois, semoule, tapioca...

J’aime le goût et la texture molle des poissons crus, en carpaccio ou en tartare... j'aime la cervelle et les abats, les aliments qui glissent sous les dents, ou qui ont du croquant comme les gésiers...

 Hypo sensible, j’aime les plats épicés au plus haut point, à m’en arracher les papilles!! j’en mangerais des piments à pleine dent! j’aime le gaspacho avec une tonne de tabasco par exemple

Coté ritualisation : je mange toujours les mêmes choses, je peux me faire un plat et en manger pendant deux semaines à chaque repas. Cela me rassure, je sais par avance ce que je mange, combien il y a de calories et cela me permet de ne pas faire d'écarts. Je compose des ramequins de mes plats en les préparant à l’avance, en les pesant au gramme près. Il faut que cela fasse un chiffre précis. Mon frigo a une étagère pour moi avec tous mes petits ramequins pour chaque repas. Personne n'a envahi mon espace, je gère mon régime, mes aliments, les légumes…

Deux semaines de saumon : en carpaccio ou en sashimi, en tartare

Salade composée, tomates, gaspacho...chou sous toutes ses formes en salade, en soupe, en choucroute sans saucisses...

Ce n'est pas par envie volontaire de faire des mono diètes, je n'ai jamais voulu en faire, mais c'est comme si mon corps voulait à cette période-là tel aliment, et moi en manger tous les jours me rassure. Ce n’est pas pire qu'une tablette de chocolat entière!!! mais en général, mes aliments sont faibles en calories ou plutôt sains, pas de bonbon, gâteau ou cochonnerie...

 

 

A fleur de peau

De toute manière dans cette famille, j’aurais toujours tous les défauts de la terre. Notamment aux yeux de mes enfants et de ma belle-mère.

Coté repas, je serais toujours une empoisonneuse lorsque une fois par mois, je sortirais une boite de conserve de cassoulet ou de raviolis, ou achèterais des nuggets ou de cordons bleus au lieu de faire des repas fait maison. Ma belle-mère débarquant un jour dans notre salon, me critiquant sur l’alimentation que je donne aux enfants et des conséquences sur leur santé, déclamant les conséquences des plats industrielles, alors qu’elle-même s’en fait lorsqu’elle est trop fatiguée, me traitant d’empoisonneuse de son fils et de ses petits-enfants alors que derrière mon dos , elle les goinfre à toutes heures de chips, bonbons et glaces et que je les retrouve boudant mes plats !!!

J’aurais toujours tous les défauts de la terre et les autres auront toujours des exigences sur moi qu’ils n’ont pas eux même sur eux.

Après avoir travaillé sept ans, avant ma formation d’éducatrice spécialisée et être reconnue handicapée et qui m’a cloué au domicile, ma belle-mère a dénigré mes expériences professionnelles en disant que mes contrats n’étaient que des contrats bon pour des cas sociaux comme moi ! Selon elle, je ne connaissais rien du monde du travail, malgré mes sept ans d’expériences professionnelles (animatrice de loisirs et de vacances, vendeuse en article d’art, vendeuse en boulangerie, opératrice de saisie, et dans les opérations de chèques, éducatrice spécialisée, aide éducatrice/animatrice sportive et en atelier d’art plastique…)

J’ai eu droit aussi à des critiques sur l’éducation de mes enfants : je les couvais trop, je privilégiais un enfant sur l’autre, mon éducation n’était pas bonne, trop laxiste, trop ceci, pas assez cela !!! Alors qu’elle-même a acheté tout ce que désirait son fils dès qu’il le demandait, était à l’écoute de ses moindres désirs, l’a fait dormir dans son lit à 13 ans lors du divorce avec son mari, qu’en a pensé son fils aîné de tout cela ? je n’ai jamais eu l’impression que je privilégiais un enfant sur l’autre ? L’éducation de mon second fils avec le maternage l’a choqué ? Elle a cru que je couvais trop mon bébé par rapport à mon aîné ? Mais c’est un peu normal de s’occuper du bébé quand il est petit ! Et je n’ai jamais oublié mon fils aîné ! même si mon bébé était porté en écharpe sur mon dos, allaité pendant dix-huit mois, je faisais des câlins à mon fils aîné en le serrant dans mes bras libres devant pendant que mon bébé était bercé par mes mouvements dans mon dos !!! Chacun éduque ses enfants comme il le sent. Je n’ai rien à me reprocher.

 

Coté ménage, on me reprochait d'être fainéante, bordelique, crasseuse et que la maison était une porcherie dès qu’il y avait une trace sur le sol! et ma belle-mère vient tranquillement me dire après m’avoir engueulé sur mon ménage qu’il faut qu’elle se motive car cela fait deux semaines qu’elle n’a pas fait le ménage chez elle! et pas qu’une fois, c’est assez régulièrement qu’elle me sort cela!! alors que moi , même pendant mes années dépressions, je faisais le ménage tous les jours avant de m’allonger le restant de la matinée. J’enrage à chaque fois !!! avec moi, on est intransigeante, et les autres se la coulent douce !!

Et lorsque je pars une journée et que je rentre avec un mal de crâne à l’autre bout de paris avec 5 heures de transport, , je dois me payer le ménage dernière parce que mon mari qui est resté la journée entière à la maison pour s’occuper des enfant au retour de l'école a préféré passer sa journée à regarder la télévision, laver sa serviette, et pas la mienne bien sur tachée de sang!! (sa mère le défendant en disant que si,  il a fait le ménage, il a lavé les serviettes!! oui et les lits pas faits et le linge sec non plié mis en vrac dans la buanderie même les affaires qui n’ont pas besoin de repassage et qui pour le coup sont bons à repasser, la vaisselle dans l'évier, les chaussettes dans les chambres qui trainent par terre, les miettes du goûter sur la table et les miettes de pain coupées sur le plan de travail!!! et encore et encore… et moi qui fais en sorte que mon mari rentre avec une maison nickel propre après une journée de travail!!! et c’est moi qu’on traite de feignasse , de paresseuse et de crasseuse?

 

Je pourrais en écrire des lignes et des lignes, des pages et des pages sur l’obsession de mon entourage sur mes défauts, sur mon apparence autant que sur mes comportements. Ils ont toujours regardé les détails de mes erreurs, critiqué ce que j’étais, n’ont jamais été d’accord avec mes principes et mes valeurs et ce que j’étais. Tout était dénigré et passé au crible. Ils se sont toujours crus supérieurs à moi, cru d’une classe sociale supérieure à moi et se sont donné l’objectif de m’élever sans mon consentement à la leur, coûte que coûte, comme si c’était de mon devoir d’être aussi parfait qu’eux, pour ne pas entacher l’image qu’ils donnaient à paraître au monde. Je pense que ma belle-famille a eu le complexe du sauveur à mon égard.

 Ils ont voulu me modeler à leur image…même mon beau papa a honte de ce tas de graisse que j’étais, du tas de graisse qu’est devenu son fils (sûrement par ma faute depuis que je le connais !!)

Un beau papa soucieux de la maigreur, une belle mère qui passe son temps à surveiller son poids et son alimentation et me parle de diète lorsque je suis malade…une vrai dictature de la minceur et de l’alimentation saine… cela s’ajoute une pression constante au niveau des repas qui sont source de pleurs et d’angoisse quotidiennement, résultat, gros craquage, en 2013.

Et dès que je suis stressée, dès que je perds le contrôle sur ma vie, c’est mon alimentation qui en prend un coup et que je me mets à contrôler par-dessus tout.

 

Maman tu es grosse, maman, tu es laide, maman tu es une connasse…

 

Ce ne serait pas plutôt mon entourage qui souffrirait de dysmorphophobie ?

A fleur de peau

Mon cœur hurlait ce que ma parole taisait. Je n’avais pas de mots pour exprimer ce que je vivais, je n’en avais pas conscience. Je ne me croyais pas maltraité de nouveau par une personne en qui je croyais être l’homme de ma vie, celui avec qui j’avais fait des vœux du mariage pour la vie. J’étais aveugle et je refusais de voir l’innommable, refusais de voir que je m’étais trompée et qu’il fallait que je parte et que je me reconstruise ailleurs, que j’abandonne ce que j’aurais cru être le bonheur, ce en quoi je croyais depuis petite et qui me tenait en vie depuis que je survivais de tous mes abus, cet espoir qui me faisait tenir debout…perdre ce mariage, voir qu’il n’a été que chimère t violence, c’est comme perdre cet espoir qui me fait tenir debout . C’est l’amour qui me fait vivre, j’ai cru à cet amour et à cet instant, je ne croyais jamais en aimer un autre, alors je voulais mourir, je n’avais plus d’espoir.

Mon corps voulait dire quelque chose, sa souffrance, mourir peut-être, raconter ce silence aveugle. L’amour m’aveuglait. L’anorexie ne l’était pas et tentait d’apporter son message.

Les rechutes se sont succédées dans le temps, plus ou moins longues, mais là, on a mis un nom dessus, la perte de poids a été conséquente à chaque fois, une trentaine de kilos environ, ne pesant qu’une quarantaine de kilos. Mais c’était pour mettre en mots une souffrance que je n’arrivais pas à expliquer, une souffrance post partum en 2008, en 2013 … la grossesse avait apparemment un rôle de révélateur dans mes conflits internes, peut être liés à mon enfance, à mes viols, ou liés aussi à mon trouble bipolaire…

 

En 2013, j’en ai déjà parlé, cela s’explique aussi par le fait que ma belle-mère a voulu régenter ma vie, m’a étouffé, et m’a peu à peu réduite au silence, soumise à elle, à ses désirs, à sa bonne volonté, à sa manière de vivre, la meilleure, et que je n’avais plus le droit d’être moi-même, comme je le sentais parce que pour elle, ce n’était pas selon le manuel du savoir vivre, que je ne respectais pas les coutumes, les gens et je ne pensais qu’à moi. Je devais à tout prix changer, pour évoluer, pour son fils, pour elle, et pour les enfants, pour que je m’élève à sa classe sociale (pourtant hormis une éducation rigide de mon père dû à la maltraitance, on est tous deux mon mari et moi issue de la classe moyenne, de parents qui ont été cadres de professions !!!)  Comparativement à la mienne qui relève du cas social, vu que j’ai vécu dans la pire dépravation sociale qu’on puisse connaître, une vrai porcherie et qu’à me regarder, ne faut pas s‘étonner qu’on ait envie de gerber !!! Alors que tous ceux que j’ai côtoyés m’ont dit du bien de moi, que je me tenais bien à table, que j’étais gentille et respectueuse et bien élevée depuis toute petite… ?  Ce que j’ai ressenti aussi, c’est qu’elle aussi m’a réduite au silence, je n’ai pas réagi aux critiques, mutique et tétanisée à chacune de ses reproches, que j’encaissais, en ravalant mes larmes sans comprendre ce qui avait provoqué cette avalanche de critiques. J’étais soumise, je ne lui répondais pas, n’élevais pas la voix contre elle, ne la contredisais pas, j’essayais de faire tout ce qu’elle me disait, et quand même, elle se fâchait, me disait des choses méchante, blessante, et je ne savais pas ce qui ne m’arrivait ni ce que j’avais fait encore pour mériter el. Je décevais constamment les gens. Mon père qui me battait parce que ma sœur et moi nous nous chamaillions, mes cousins et un petit ami qui me trouvaient une fille facile une petite salope pour profiter de moi, mon ex qui me frappait et me voilait, peut être pace que je le méritais…ma belle-mère qui me faisait sans arrêt des reproches et que je décevais constamment puisqu’elle me le disait…

Et la seule fois où j’ai ouvert la bouche, où j’ai osé dire ce que je pensais, c’est pour être menacée d’abandon, menacée par ma belle-mère de vouloir lui faire couper les lien entre elle et sa famille à cause de deux paroles où je lui disais que je ne voulais pas qu’elle me rééduque et qu’elle prenait ma place dans la maison parce qu’elle voulait que je fasse tout à sa manière !! Pas de quoi monter sur ses grands chevaux, jouer la victime de sa belle-fille et couper les ponts pour si peu !!! à croire que tout le monde veut mon silence et que j’encaisse tout et toujours tout jusqu’à ce que je crève, jusqu’à ce que je craque comme lors de ma tentative de suicide en 2014, un jour où il y a eu une phrase de trop par ma belle-mère. Elle me traite de méchante mais c’est moi qui suis trop gentille à me laisser marcher sur les pieds et à me taire et à tout encaisser.

 

Mourir, je veux mourir, à petit feu, tout doucement, peu à peu, pas brutalement, ils vont croire à un cancer, je vais dépérir tout doucement, c’est ce silence qui me ronge et me bouffe de l’intérieur. Ce silence, c’est comme un cancer qui se développe dans mon corps et l’anorexie fait de même, c’est mon cancer à moi, parce que j’ai laissé le silence l’emporter et me bouffer de l’intérieur. De toute manière que cela soit par l’anorexie , le cancer, la maladie bipolaire ou autre maladie, mon seul désir, c’est de mourir jeune, mourir une fois que mes enfants seront en âge de travailler pour savoir quel métier ils feront mais mourir avant mon mari, ne pas mourir veuve, ne pas mourir seule, sans rien , abandonnée à la solitude, abandonnée par ma famille déjà morte, mon mari déjà mort, mes enfants loin de moi…je veux mourir avant tout cela…si je pouvais mourir dans une dizaine ou quinzaine d’années, après avoir été éditée, après avoir exposé, j’aurais accompli l’œuvre de ma vie, mais pas plus. Je ne veux pas vieillir seule. Que cela soit l’anorexie qui m’emporte, le cancer, ou les traitements de mon trouble bipolaire ou autre, pourvu que cela soit dans pas trop longtemps.

 L’anorexie est ma  parole.

A fleur de peau

2013-2014

50kg, 49 kg, 48 kg, 47kg…

Tel jour : alcool, tel jour automutilation… un vrai massacre. Mon fils me photographie, je ne me reconnais plus, je suis moche, je me trouve grosse…grosse et pourtant je frise les 44 kilos avec une taille 32 en pantalons…

 

Le matin, un bol de cappuccino avec une tranche de brioche

Le midi : un yaourt nature ; ou un morceau de gouda et une tomate ou  4 petites bouchées vapeur

Goûter : rien

Soir : rien, parfois un yaourt, ou une tranche de gouda…

 

Mercredi 12 février 2014

Midi : épinard, œuf et crumble à la rhubarbe de belle maman : tout revomi

Soir : rien

 

Jeudi 13 février 2014

Midi : un yaourt

Soir : rien

 

Vendredi 14 février 2014

Midi et soir : rien

J’ai tout avoué à ma famille. L’anorexie, l’automutilation…

 

Mardi 18 février 2014

Midi : 4 beignets de crevettes et un yaourt nature

Soir : gouda et vin rouge : tout revomi

 

Samedi 22 février 2014

Midi : tortellini, tout revomi

Soir : raclette : tout revomi

 

Et un soir, j’ai préparé un menu asiatique pour mes enfants et mon mari pour quatre personnes, sachant que mon mari s’enfilera la quasi-totalité du plat à lui tout seul sans prendre un gramme.

L’odeur me monte aux narines

Je sors le plat du four

Et je craque. Je prends dans mes doigts les nems, samoussas, acras de morue, beignets de crevettes encore brûlants, sans accompagnement sans sauce, pas le temps, et je les mange vite, très vite pour ne pas que mon mari voit que je vais manger tout son plat du soir. C’est à peine si je sens le goût des aliments. Je me remplis, je remplis ce vide. Je ne tiens plus. Tant pis je ferais un autre plat pour ma famille, à la va vite, des pâtes par exemple… je ne vois même pas ce que je mange. J’ai mal au ventre, moi qui ne mange même pas la taille d’un plat de bébé et qui est en train de m’empiffrer d’un plat pour quatre personnes adultes, je gonfle à vu d’œil… je culpabilise, j’ai craqué, je suis un monstre, je suis énorme…sitôt le plat vidé, je fonce aux toilettes me faire vomir…je me sens mieux, comme si le poison qui était entré en moi était enfin parti pour de bon, avec le diable qui m’a emporté avec lors de cette orgie alimentaire…

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