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Possession

Extraits de possession

Copie de possession

 

 

Je tente de regarder autour de moi mais un seul œil s’ouvre. J’ai mal un peu partout, surtout dans le ventre, et les côtes. J’ai un mal de crâne qui me transperce le cerveau. Tout mon corps me semble douloureux. Ma tête me tourne. Le regard embrumé. Tout me semble vague et flou, et si lumineux. La lumière rentre dans la pièce blanchâtre, blanche comme les draps qui me recouvre. Des bruits de fond me parviennent à l’oreille. Seuls planent un calme et un silence apaisants. Un clapotis venant de la pièce d’à côté. Un robinet qui goutte. Je sens le battement de mon cœur dans ma poitrine qui résonne dans mes tempes. Je veux mettre ma main sur mon front, afin d’apaiser les coups qui tambourinent dans ma tête, mais ce mouvement amplifie la souffrance au niveau des côtes et me demande un effort considérable.  Une douleur me fait grimacer car chaque partie de mon corps semble être passée sous un rouleau compresseur.

J’ai une odeur de médicaments dans la bouche et dans l'atmosphère chargée d’antiseptiques et d'eau de Javel. La pièce est chaude, ou est-ce moi qui ai chaud ? J’ai de grandes difficultés à tourner le visage qui me fait mal. Que s'est-il passé ? J’ai du mal à me rappeler. Les souvenirs se mélangent, fugaces, et flous. Je n’arrive pas à les comprendre. J’ai un léger goût de sang dans la bouche. Ma langue est légèrement boursouflée et entaillée. J’ai dû me la mordre aussi. Je veux me lever, j’ai soif, mais toute la pièce se met à tourner. J’ai la nausée et une envie de vomir. Je me retiens. Je ravale le peu de bile qui vient du fond de ma gorge. Un goût amer.

J’entends quelqu’un frapper à la porte, et voit arriver une femme en blanc. Elle s’approche.

-                              Comment allez-vous ?

Je veux parler, mais me rend compte que je suis incapable d’émettre un seul son. Je ne sais pas pourquoi. Le choc peut-être ? J’ai mal, une envie de pleurer, je me sens seule. J’ai pour unique réponse quelques larmes qui coulent sur mes joues. Je les sens me caresser le visage comme une libération. Je veux que tout s’arrête. Que la souffrance s’arrête.

-                  Nous allons bientôt vous redonner de quoi apaiser votre douleur, reposez-vous bien. Il va vous falloir du temps pour vous remettre.

Remettre de quoi ? Je ne me souviens quasiment plus de ce qu’il s’est passé. Je n’en comprends pas le sens. Pourquoi moi ?

La même femme arriva quelque moments plus tard et m’injecte avec une seringue un produit dans ma perfusion, et je m’enfonce peu à peu dans le sommeil. Je me sens lasse, lasse de cette vie, épuisée, mais je dois tenir, je dois continuer à me battre. Au moins pour l’une des personnes les plus chères à mon cœur : mon fils.

 

 

 

Hugo

Je n’ai vu que tes yeux vert émeraude qui me fixaient d’un air enjoué, avec tes joues qui rosissaient dès que je posais mon regard sur toi. Tu étais si belle, avec tes boucles châtains le long de tes épaules, qui entouraient un visage avec une telle finesse et douceur. Je te voulais. C’était toi.

 

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