Possession

Extraits de possession

1 1

 

Non ! Pourquoi as-tu fait cela ?

Vite, sauve-toi !

Marine se réveille en sursaut avec une sensation d’oppression qui s’abat sur son cou.

Elle entend une voix susurrer à son oreille comme pour la prévenir d’un danger, cette voix lui est familière.

Sauve-toi tant qu’il en est temps !

Elle ouvre les yeux. Les images s’effacent, la menace et la peur s’évanouissent. Son cœur qui s’emballe tente de s’apaiser. Le calme. Après ce bruit qui tape dans sa tête. Elle tente de regarder autour d’elle, mais un seul œil s’ouvre. Elle a mal un peu partout, surtout dans le ventre, et les côtes. Un mal de crâne lui transperce le cerveau. Tout son corps lui semble douloureux. Sa tête lui tourne. Le regard embrumé. Tout lui semble vague et flou, et si lumineux. La lumière rentre dans la pièce blanchâtre, blanche comme les draps qui la recouvre. Des bruits de fond lui parviennent à l’oreille. Seuls planent un calme et un silence apaisants. On se serait presque cru au paradis. Est-elle morte ? Non, elle ne le croit pas, sinon elle n’aurait pas mal partout. Elle sait qu’elle n’est pas encore en enfer, mais dans un moment d’accalmie. Dans l’œil de la tempête. 

Un clapotis venant de la pièce d’à côté. Un robinet qui goutte. Elle sent le battement de son cœur dans sa poitrine qui résonne dans ses tempes. Elle veut mettre sa main sur son front, afin d’apaiser les coups qui tambourinent dans sa tête, mais ce mouvement amplifie la souffrance au niveau des côtes et lui demande un effort considérable. Une douleur la fait grimacer, car chaque partie de son corps semble être passée sous un rouleau compresseur.

Elle a une odeur de médicaments dans la bouche et dans l’atmosphère chargée d’antiseptiques et d’eau de Javel. La pièce est chaude, ou est-ce elle qui a chaud ? Elle a de grandes difficultés à tourner le visage qui lui fait mal. Que s’est-il passé ? Elle a du mal à se rappeler. Les souvenirs se mélangent, fugaces, et flous. Elle n’arrive pas à les comprendre. Elle a un léger goût de sang dans la bouche. Sa langue est légèrement boursouflée et entaillée. Elle a dû se la mordre aussi. Elle veut se lever, elle a soif, mais toute la pièce se met à tourner. Elle a la nausée et une envie de vomir. Elle se retient. Elle ravale le peu de bile qui vient du fond de sa gorge. Un goût amer.

Marine entend quelqu’un frapper à la porte, et voit arriver une femme en blanc. Elle s’approche.

-                              Comment allez-vous ?

Marine veut parler, mais se rend compte qu’elle est incapable d’émettre un seul son. Elle ne sait pas pourquoi. Le choc peut-être ? Elle a mal, une envie de pleurer, elle se sent seule. Elle a pour unique réponse quelques larmes qui coulent sur ses joues. Elle les sent lui caresser le visage comme une libération. Marine veut que tout s’arrête. Que la souffrance s’arrête.

-                  Nous allons bientôt vous redonner de quoi apaiser votre douleur, reposez-vous bien. Il va vous falloir du temps pour vous remettre.

Remettre de quoi ? Elle ne se souvient quasiment plus de ce qu’il s’est passé, ou peut-être n’a-t-elle pas envie de s’en souvenir. C’est trop douloureux. Elle n’en comprend pas le sens. Pourquoi elle ?

La même femme arrive quelques moments plus tard et lui injecte avec une seringue un produit dans sa perfusion, et peu à peu Marine s’enfonce dans le sommeil. Elle se sent lasse, lasse de cette vie, épuisée, mais elle doit tenir, elle doit continuer à se battre. Au moins pour l’une des personnes les plus chères à son cœur : son fils. Car elle a une certitude : elle doit le sauver.

 

 

 

 

Hugo

Je n’ai vu que tes yeux vert émeraude qui me fixaient d’un air enjoué, avec tes joues qui rosissaient dès que je posais mon regard sur toi. Tu étais si belle, avec tes boucles châtains le long de tes épaules, qui entouraient un visage avec une telle finesse et douceur. Je te voulais. C’était toi.

 

Ajouter un commentaire

Anti-spam