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Que Dieu lui pardonne

 

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Son téléphone se fracasse sur le sol. Il est écrit :

 « Pardon je ne voulais pas faire de mal, je vous aimais toutes » c’était la voix d’un mort. Des messages par dizaine depuis des semaines venus de l’au-delà lui intimant de pardonner et de se pardonner. Elle ne comprenait pas, elle ne voulait pas comprendre. Pardonner et se pardonner ce qu’elle n’avait pas vu, ce qu’elle n’avait jamais voulu croire. Doit-elle payer pour son ignorance ? son mari doit-il payer pour son trop plein d’amour, d’avoir trop voulu aimer ?

******

Ça y est. Son corps est enfermé dans cette boite. La terre recouvre son corps. Il est parti. Il ne reviendra plus. Jocelyne sent déjà son absence présente dans son cœur, sur sa peau. Il n’est plus là à la serrer contre son corps, à lui tenir la main, à lui débiter des blagues dont il est le seul à connaître le sens, même si elle rit aussi parce qu’elle le trouve charmant. L’absence. La solitude. Ses larmes coulent sur ses joues. Son cœur se brise comme s’il se déchirait dans sa poitrine, et qu’elle allait s’effondrer au sol à l’instant T. Mais personne ne le verra, ou si peu. Autour d’elle, si peu de monde. Sa famille n’est pas venue l’accompagner pour la soutenir dans l’épreuve. Ni filles ni petits enfants. Quelques frères de son mari, mais sa famille est absente. Elle n’attend plus rien d’elle. La colère n’est plus là, cela fait longtemps qu’elle n’y pense plus. Elle l’a reniée. Sa famille l’a trahie. Ils ont décidé qu’ils n’avaient plus besoin de leur mère. Plus besoin de leurs parents. C’est ingrat les enfants. On donne, on donne, on souffre pour eux, on fait de notre mieux, on se sacrifie, et ils nous rejettent lorsqu’ils deviennent grands, et ils enfantent des monstres semblables à eux, mal élevés qui ne disent jamais bonjour, ni merci ni au revoir. Même son frère Robert et sa sœur Judith ne sont pas venus. Ils ont trop à faire, et ne se sont jamais entendus avec son mari, Pascal. Ingrats aussi. Ils auraient pu compatir. Venir. Mais ils n’ont que faire des enterrements. Ce n’était pas le leur. Pas de leur famille. Jocelyne se plaît à penser ce que serait son propre enterrement si le vide était aussi sidéral que l’est son entourage. Elle n’aurait personne. Pourquoi ce châtiment ? Qu’a-t-elle fait pour mériter cela ? Elle a pourtant été une bonne mère. Certes, elle ne va tout de même pas se reprocher d’avoir divorcé pour quitter son ex-mari qui ne décrochait pas un mot de toute la journée ? Doit-elle être punie d’avoir voulu être heureuse avec un autre homme ?Ça y est. Son corps est enfermé dans cette boite. La terre recouvre son corps. Il est parti. Il ne reviendra plus. Jocelyne sent déjà son absence présente dans son cœur, sur sa peau. Il n’est plus là à la serrer contre son corps, à lui tenir la main, à lui débiter des blagues dont il est le seul à connaître le sens, même si elle rit aussi parce qu’elle le trouve charmant. L’absence. La solitude. Ses larmes coulent sur ses joues. Son cœur se brise comme s’il se déchirait dans sa poitrine, et qu’elle allait s’effondrer au sol à l’instant T. Mais personne ne le verra, ou si peu. Autour d’elle, si peu de monde. Sa famille n’est pas venue l’accompagner pour la soutenir dans l’épreuve. Ni filles ni petits enfants. Quelques frères de son mari, mais sa famille est absente. Elle n’attend plus rien d’elle. La colère n’est plus là, cela fait longtemps qu’elle n’y pense plus. Elle l’a reniée. Sa famille l’a trahie. Ils ont décidé qu’ils n’avaient plus besoin de leur mère. Plus besoin de leurs parents. C’est ingrat les enfants. On donne, on donne, on souffre pour eux, on fait de notre mieux, on se sacrifie, et ils nous rejettent lorsqu’ils deviennent grands, et ils enfantent des monstres semblables à eux, mal élevés qui ne disent jamais bonjour, ni merci ni au revoir. Même son frère Robert et sa sœur Judith ne sont pas venus. Ils ont trop à faire, et ne se sont jamais entendus avec son mari, Pascal. Ingrats aussi. Ils auraient pu compatir. Venir. Mais ils n’ont que faire des enterrements. Ce n’était pas le leur. Pas de leur famille. Jocelyne se plaît à penser ce que serait son propre enterrement si le vide était aussi sidéral que l’est son entourage. Elle n’aurait personne. Pourquoi ce châtiment ? Qu’a-t-elle fait pour mériter cela ? Elle a pourtant été une bonne mère. Certes, elle ne va tout de même pas se reprocher d’avoir divorcé pour quitter son ex-mari qui ne décrochait pas un mot de toute la journée ? Doit-elle être punie d’avoir voulu être heureuse avec un autre homme ?

Jocelyne se réveille après une bonne sieste. Elle a fait de beaux rêves. La musique s’est arrêtée d’elle-même. Jocelyne s’étire. Son corps se fait vieux. Elle a quelques courbatures après avoir repris la piscine à la suite d’une longue pause, consécutive au décès. Elle n’avait pas la tête à cela. Mais elle devait se bouger sinon ses douleurs allaient revenir. Elle devait s’astreindre à une hygiène de vie et ne pas se laisser aller. Elle se lève et va se préparer un thé avec un peu de lait et du miel. Elle le prend bouillant, pour lui réchauffer l’estomac. La douleur du miel apaise peu à peu ses aigreurs et son palais un peu pâteux du sortir du sommeil. Une fois finie, elle range le bol dans l’évier et le lave.

Pas un bruit. Pas même le chien du voisin. Ses paroles ont peut-être fait effet finalement. Comme quoi il faut savoir donner de la voix. Savoir s’imposer. Être respecté.

Son téléphone vibre. Jocelyne n’attend pas d’appel. C’est un SMS. Sûrement de la publicité. Elle regarde machinalement. Elle découvre que c’est celui de Pascal. Elle ne comprend pas. Son contrat a été clôturé. Elle lit le message. Sûrement un vieux message oublié qui est passé entre les mailles du filet.

« Pardon Jocelyne pour le mal que j’ai fait. Pardon à vous tous »

 

 

Son cœur ne fait qu’un bon. D’où vient ce message ? Pardon pour quoi. Et à qui ? Était un message datant d’avant sa mort ? Est-ce quelqu’un qui a voulu lui faire une farce ? Lui a-t-on subtilisé le téléphone de son mari ? Qui veut lui faire peur ? Elle n’est pas âme à être terrifiée. Elle ne croit pas aux fantômes. Son mari Pascal est mort dans son sommeil. Ce n’est pas un suicide. Ce message ne peut pas être celui d’un homme qui se repend. Qui veut lui jouer un tour ? Elle sent une sourde colère monter en elle. Personne à part les enfants de Pascal n’est venu à la maison récupérer les affaires de Pascal. Elle leur envoie un message. Ont-ils pris le téléphone de leur père ? Pendant qu’elle attend leur réponse, elle fouille dans le bureau ce qu’il reste de leur ancienne vie. Mais il ne reste rien. Juste l’ordinateur de Jocelyne commun à Pascal. Tout le reste est parti. Il n’y a pas de trace de son téléphone. La réponse ne tarde pas à venir pour l’un et pour l’autre. Ils n’ont pas le téléphone. Mais d’où vient ce message ? Qui a pu l’envoyer ? Et où est le téléphone de Pascal ? Dans les objets donnés par inadvertance ? De toute manière, peu importe, c’était un canular. Quelqu’un a voulu lui faire peur. Si elle rend cela important, la personne aura gagné. Elle doit oublier. C’est juste un malin qui joue avec ses nerfs. Pascal est mort. Elle ne doit plus espérer. Le seul endroit où elle communiquera avec lui, c’est quand elle sera morte. Si tant bien que la mort soit un passage vers l’au-delà. Elle n’a jamais cru en Dieu, n’a jamais cru en quelque chose de plus grand qu’elle.

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