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Une mère au bord de la folie T2

Une mère au bord de la folie T 2

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Tristan a trois ans, il rentre en petite section de maternelle. La séparation est difficile, autant pour moi que pour Tristan. Il s’accroche à moi, il continue à se jeter la tête par terre aux yeux effarés de l’institutrice, qui est aussi la directrice de l'école. Il continue à faire cela depuis ses deux ans épisodiquement à la moindre contrariété. J’ai l’impression que l'école attend de moi que je me montre plus ferme. Je ne sais pas pourquoi mais il me faut être une mère parfaite, la plus parfaite possible. Je me mets la pression pour donner le meilleur à Tristan. La maitresse me prend à part et pense que les problèmes de séparations viennent aussi du fait que j’ai du mal à le laisser grandir. Je dois être trop ambiguë et Tristan doit le sentir. Pas de biberon le matin, beaucoup plus de règle à la maison. Fini le laisser aller des vacances, il faut que je reprenne ça en main. Que dirait-elle si elle savait que Tristan dort dans notre chambre la plupart du temps !! La maîtresse m’interpelle aussi sur son audition, car il semble être dans la lune, et ne pas entendre ce qu’on lui dit. Elle l’appelle sans qu’il réponde a son prénom. Il fait de l'écholalie et ne s'intègre pas à la classe et évite soigneusement ses pairs et compte tout ce qu’il trouve, et reste seul dans la cour lors des récréations à compter les cailloux. La maîtresse ne le comprend pas. Elle a fait des tests comme elle le fait à chaque enfant et elle me dit qu’il faudrait que Tristan soit suivi par le RASED. Nous testons son audition et il s'avère qu’il a une otite séreuse. Son audition est bonne. Il a des otites sur otites, crises d'asthmes sur crise d'asthme, bronchites sur bronchites. Nous faisons des allers et retours aux urgences. Je suis au chevet de Tristan avec aurélien au sein en train d’allaiter. Tristan reste même quelques jours aux urgences à la suite d’une gastro-entérite qui le déshydrate. En dehors de ses périodes de maladie, Tristan demande énormément d'énergie. Il veut qu’on s’occupe de lui en permanence, ne sait pas jouer seul avec ses jouets, refuse de manger. Les repas sont une vraie sinécure, il faut se fâcher, car il ne veut rien, ne mange rien. Je vais le chercher le midi pour qu’il mange à la maison et quand je reviens, la maîtresse demande à Tristan s’il a bien mangé. Je réponds qu’il n’a rien voulu manger, comme d’habitude. J’ai l’impression d'être une mauvaise mère, qui ne sait pas être ferme avec son enfant, alors qu’on se prend la tête à chaque repas avec Tristan pour qu’il mange ne serait quelques cuillères de son repas. Il ne mange finalement que son fromage et son yaourt. Parfois, il fait des crises toujours pour ses histoires de comptage : quand il y a des petits pois, il lui en faut trois par bouchées sinon, il hurle, se jette par terre. Ces repas sont une source d’angoisse et de frustration. C’est le moment où c’est la crise systématiquement. Je finis par arrêter de me prendre la tête avec les repas parce que je ne trouve aucune utilité à être en conflit permanent à chaque repas qui n’a décidément pas envie de manger. S’il est comme son père, buté, il pourrait rester une journée devant son assiette sans rien manger. Du coup, je fais un essai de repas en cantine. Cela se passe plutôt bien. Moi qui voulais être la bonne mère qui mitonne des repas à son fils, c’est loupé. La pression du groupe fait que Tristan mange mieux à la cantine qu’à la maison. Tristan m’accapare tellement que je n’arrive pas à apprécier ma relation avec aurélien. Aurélien fait des micros sieste de 15 minutes en journée, ne fait toujours pas ses nuits, souffre pendant quelques mois de coliques le soir. Il s’endort au sein sur le canapé transformé en lit à cet effet. Il s’endort le soir avec nous dans le salon pendant que Tristan dort à l'étage. C’est un bébé plutôt facile à vivre, que je porte souvent pour calmer ses coliques. J’ai entrepris de recoucher Tristan dans son lit. Nous arrivons à le faire dormir dans son lit en nous allongeant à ses côtés dans son lit. Cela peut certains soirs durer une heure, voire plus avant qu’il s’endorme. Cela nous use, cela me fatigue d’autant plus qu'aurélien, lors de périodes de rhumes se réveille plus souvent pour téter. Cette fin d’année est plutôt éprouvante. Je suis fatiguée comme le papa. Je fais les choses de manière automatique, j’ai l’impression de ne pas aimer aurélien, de ne pas avoir le coup de foudre vécu lors de la naissance de Tristan, de ne rien ressentir, comme ci mes émotions étaient totalement anesthésiées. Je me sens vide. Tristan qui accapare, Tristan malade, Tristan à l'hôpital, Tristan et ses crises de colères, Tristan et son manque d'appétit, Tristan et son auto-agressivité, … Je n’arrive plus à apprécier le temps passé avec mes enfants, avec aurélien, avec ce bébé que je désirais. Je tombe sur un livre un jour sur le Burn out maternel. Quand je vais voir mon médecin, il me donne du magnésium en me disant que c’est juste un baby Blues. Un baby blues à plus de 8 mois passés ??? 

 

Une mère au bord de la folie

 

Nous sommes dimanche. Florent est allongé sur le canapé, il vient à peine de se réveiller de sa sieste. « Je vais acheter la commode du bébé à Ikea » Je ne lui donne pas le choix d’ailleurs. Cela fait des mois que je dois racheter une commode, bien avant de me savoir enceinte. Mais comme bien quelquefois, je réfléchis à des projets pendant des mois et du jour au lendemain, sur un coup de tête, je le fais. Aujourd’hui, la maison m’oppresse, il faut que je sorte, que je m’en aille loin de mes enfants. Je ne supporte plus leurs chamailleries, leurs cris, leur bêtise. Je ferme la porte derrière moi, je m’enfuis presque. Je roule à vive allure, parfois au-dessus de la limite réglementaire, mais je m’en fiche. Plus loin je suis de la maison, plus je me sens libérée d’un poids. C’est comme si je m’allégeais au fur et à mesure que les kilomètres défilent. J’ai l’impression de m’envoler. Je fais mon achat. Et je laisse mon esprit vagabonder. Je vois un magasin de livres en sortant du magasin et je m’imagine y rentrer. Et si j’allai sur paris, à la Fnac des châtelets, comme je faisais avant quand j'étais en formation ? Et si je restais ce soir sur paris ? Et si je ne rentrais pas ? Je ne veux pas rentrer. Je veux sortir seule, loin de tout le monde. Je ne veux plus être maman, je ne veux plus exister pour le moment en tant que membre d’une famille. Je veux m’acheter des livres, je veux aller au restaurant, seule, manger du carpaccio de saumon, je veux aller en boite, je veux danser, chanter, je veux déambuler dans les rues de paris toute la nuit, mais surtout ne pas rentrer. Je dois quand même rentrer tant bien que mal. J’ai une famille, j’ai des enfants et un mari, je ne peux pas leur faire cela. Et je pleure sur tout le chemin du retour, je pleure sans arrêt au point de frôler l’accident tellement mes yeux coulent. Et je hurle intérieurement. J’ai envie de me foutre en l’air. Je roule à vive allure. Moi si prudente, cela ne me ressemble pas. Je suis complètement déconnectée de la réalité, je suis dans ma bulle, dans une brume où je ne voie rien d’autre que ma douleur, que mon envie de me jeter contre un arbre. Et si j’avais un accident ? Ce serait une aubaine. Trop de fois, parce que je n’arrive pas à me foutre en l’air correctement, ou tout simplement parce que mon rôle de maman m’empêche de commettre l'irréparable, je me mets à rêver que le destin le fasse pour moi. Je hurle pour tout et pour rien, mais une idée est très présente à ce moment-là : l’enfant du viol. Je crie contre mon beau père qui m’a fait cela, qui m’a violé, qui m’a fait cette enfant. C’est l’enfant du viol, je suis persuadée que c’est le sien. Et La petite voix de la raison me fait penser le contraire, mais c’est une bagarre sans fin dans ma tête car dans mon corps, j’ai l’impression de porter l’enfant du viol. Pourquoi m’as-tu fait cela ? Crie-je dans la voiture Je vais te tuer, je vais tuer mon beau père pour m’avoir fait cela. J’ai l’impression d'être folle et bonne pour l’asile, comme me l’a déjà dit ma mère. Je me dis que je ferais mieux d’aller aux urgences psychiatriques car je délire complètement. Je n’ai plus pied dans le réel, je vis un enfer, cette grossesse est un enfer. Je rentre dans un état épouvantable intérieurement. J’ai honte, honte d’avoir osé ne serait-ce une seconde penser de pas rentrer ce soir. Je suis intérieurement complètement retournée, mais je cache mon état en montant la commode. Cette journée marque le début d’une phase mixte, où je commence à faire des sorties et des achats compulsifs, tout en étant au bord du suicide. Je vais sur le net pour trouver des réponses à mon mal être. Que s’est –il passé encore ce jour-là ? Pourquoi ai-je encore eu l’impression d'être persuadée d'être possédée ? On y parle de phobie d’impulsion, on y parle de tocs, de rumination, ou d’hallucination, de dépersonnalisation…

 

Une mère au bord de la folie

 

Novembre 2011

Nous suivons durant ma grossesse une thérapie familiale. J’y parle de ma relation avec ma famille et beaucoup de celle qui me lie à ma mère et à ma belle-mère. J’investis énormément ma relation avec ma belle-mère, J’ai énormément de colère envers ma propre mère qui m'a abandonné, ne m'a jamais protégé tout en sachant ce qu'il se passait (viols, maltraitances...) qui s'est servi de moi et de ma sœur et était défaillante voir manipulatrice et maltraitantes psychologiquement en réussissant à me faire croire que j'étais folle. Elle ne m'a pas souvent insulté mais l'a fait assez souvent pour me faire croire que j'étais bien ce qu'elle disait de moi : une folle bonne pour l'asile, une affabulatrice qui transforme le moindre geste anodin de tendresse en geste incestueux, une salope, enfin assez souvent pour me rentrer cela dans le crâne… J’ai subi diverses maltraitances mais celle qui me fait plus de mal, actuellement, c'est ma relation à ma mère. Et j'ai énormément de colère en moi que j'ai du mal à faire sortir autrement qu'en me faisant mal. Tant qu'on ne parle pas de choses qui fâchent, elle a été bien, mais elle m'a à nouveau rejeté, m'a fait porter à nouveau le poids de son mal être sur mon dos avec mes histoires, m'a à nouveau eu par ses sentiments, j'ai cherché encore à la protéger, pour à nouveau comprendre qu'elle me manipule... elle me pourrit la vie. Elle est gentille, douce, mais égoïste... et plus je m'éloigne d'elle mieux ce sera. Elle m'a fait trop de mal, elle m'a rejeté, m'a renié, m'a rendu orpheline… Elle n'a jamais été présente lors de mes précédentes grossesses, jamais un mot pour savoir comment j'allai, si je n'étais pas trop fatiguée, si je n'avais pas besoin d'aide...non, elle s'en fiche éperdument de ce que je ressens, car elle ne pense qu'à sa poire !!! Alors que moi, à chacune de mes paroles, je me demandais comment faire pour ne pas la brusquer, comment faire pour ne pas trop lui faire du mal...par mes vérités… Elle n'a jamais été à l'écoute de mes émotions ! j'ai mal, j'ai mal à cause de ma mère qui a précipité ma dépression en me reniant fin août, début de ma dépression, j'ai mal à cause de cette grossesse que je vis très mal, où j'ai vraiment la sensation d'avoir un étranger dans mon ventre, que je cherche tour à tour à protéger de mon mal être, ou que je voudrai faire partir en avortant , mais trop tard, je suis au 6ème mois et au fond de moi, je sais que j'attends ce bébé malgré moi avec impatience...même si parfois j'ai toujours l'impression que c'est l'enfant de l'Autre, de mon beau père, que c'est l'enfant du viol. Je suis pressée qu'il sorte, peut-être pour être sûre que je ne lui ai pas fait du mal rien qu'en pensée, pour être sûre que c'est bien l'enfant de mon homme actuelle, pour me rassurer que je ne fais que cauchemarder, pour me rassurer et voir si ma dépression s'arrête à l'accouchement, comme si cette dépression était induite par cette grossesse et que l'accouchement sonnait l'espoir d'une fin de cet enfer…c'est long!!!

Les jours qui suivent sont une lutte incessante contre les envies d’avaler des médicaments. Je désespère de trouver un bon traitement durant cette grossesse pour calmer ces idées suicidaires qui me mettent à deux doigts d’avaler les médicaments qui traînent dans la pharmacie. Mais je ne peux pas, j’ai un enfant dans le ventre, il ne mérite pas le mal que je voudrai m’infliger. Florent me prend dans ses bras, et je pleure, perdue car ne pouvant répondre à sa demande, ne sachant ce qui pourrait me rendre heureuse. J’ai un homme en or qui me respecte, des enfants plutôt tranquilles, des enfants pleins de vie, bientôt un troisième garçon...mais voilà, même si je suis sortie de l'enfer il y a 7 ans , je survis encore , j'ai l'impression que je ne serais jamais heureuse, jamais tranquille entre mes dépressions, mon mal être...j'ai peur de ne jamais sortir la tête de l'eau. je devrai être heureuse mais je vais mal, mal à cause d'une famille pourrie, mal parce que que je dois faire le deuil de ma mère, qui ne m'a pas donné signe de vie depuis fin août (je ne sais pas si je dois m'en réjouir ou pas, mais ça fait mal et en même temps, la petite fille qui est en moi la demande toujours), cette grossesse est un enfer, je ne sais pas si j'aime ce bébé ou pas, j'ai peur aussi de lui faire du mal, j'ai l'impression d'être un boulet pour tout le monde...je ne sais pas quoi faire pour m'en sortir...je parle, je vois des psy, mais j'en suis toujours au même point avec des idées suicidaires, avec l'envie parfois d'en finir, en finir avec quoi? Avec la vie ? Avec la souffrance ? Je ne sais pas. J’avais peur de tuer ce bébé en avalant trop de médicaments. Je ne veux pas être une meurtrière, je ne veux pas non plus me sentir coupable de tuer cet enfant en moi...ou de le rendre handicapé à vie… je suis pressée d'être à terme, peut-être pour être sûre que je ne pourrais plus lui faire du mal...c'est long, trop long. Je comprends une de mes peurs, celle de tuer mon bébé. Les sentiments sont contradictoires à son sujet et la mort semble être omniprésente dans cette grossesse : la peur de le perdre dès le début, l'envie d'avorter, et aussi la peur de le tuer, les questionnements sur l'amour que je lui porte ou pas, désirée mais envie d'en finir avec cette grossesse… Inconsciemment, je pense que j'ai peur d'être comme ma mère : et oui encore elle. Elle a failli avoir un troisième bébé, mais elle a avorté. Elle n'en voulait pas, elle n'aimait plus mon père depuis qu'elle était enceinte de ma petite sœur. Elle a tué ce bébé en quelque sorte. Ce devait être le troisième. Et ma grossesse est la troisième... C'était son choix mais une partie de moi lui en veux pour cet acte, comme si la venue de cet enfant aurait pu changer le cours de mon existence. Je survis chaque jour, je tente de ne pas céder à mes envies d'alcool, de m'abrutir de médicaments, mais je n'ai pas résisté à mes automutilations, je n'ai pas réussi. C'était soit cela, soit je prenais des médocs… c'est un moindre mal et je sais que c'est ce qui fera le moins de mal à mon bébé

 

Une mère au bord de la folie

 

Quatrième partie Cyclothymiques

Le 18 Février, je me réveille, agacée de ce bébé sans nom. C’est décidé, il s’appellera clément. Je vais au rendez-vous chez le Dr Hantouche le soir même avec cette certitude. Confirmée bipolaire cyclothymique. J’ai un traitement enfin, que je pourrais prendre en allaitant mon bébé. Et après, on mettra du lithium. Mon psychiatre m’a demandé, à la vue des fils de discussion sur internet, si je faisais le concours du plus cyclothymique. Trêve d’humour, il était ulcéré de voir que personne ne m’ait diagnostiqué avant. Il m’a fait remplir des questionnaires, comptabilisé le nombres de psychiatres et psychologues que j’avais vu avant, (une bonne dizaine) le nombres de tentatives de suicides (autant), le nombres de traitements et d'antidépresseur reçues…J’ai l’impression d'être enfin écoutée. Je suis une toile vierge sur laquelle il va commencer à tester un traitement. J'espère qu’il trouvera le bon assez rapidement. Son diagnostic est un soulagement pour moi. Enfin j’ai un nom sur mon mal être et tout ne vient pas que de mon passé. Certes, cela a pu être un des facteurs aggravants de ma maladie, mais tout ne vient pas de là. Je suis au début d’une nouvelle vie, plus lumineuse je l'espère. Deux jours après le diagnostic, j’ai accouché d’un beau petit garçon, clément à 37 semaines et demie. Accouchement rapide, naturel en maison de naissance. L’allaitement s’est mis en marche. Maintenant, il ne reste plus qu’à surmonter les nuits coupées, voir comment réagissent les aînés…espéré qu’avec le traitement, je ne refasse pas une dépression post partum. Je suis contente d’avoir mon bébé dans les bras, que la grossesse soit derrière moi avec son lot de mauvais souvenirs… j'espère pouvoir enfin passer à autre chose, après quelques mois, retravailler… et voir si on achète une plus grande maison… J’ai l’impression qu’enfin tout se met en place

Comment réussir à gérer sa propre maladie, quand on ne soigne pas non plus celle de ses enfants ?  Mon troisième fils a trois semaines passées, je suis en début de dépression post partum, en début de traitement et je dois tenter avec cela de gérer les crises de mon fils aîné. Plus je me renseigne sur la maladie, plus j’ai l’impression que les soucis de mon fils aîné Tristan viennent de cette maladie. J’ai pris rendez-vous au CTAH pour lui aussi, car si je me soigne et ne fais rien pour lui, les crises continueront de même (parce que même si on croit que tout est la faute de la mère !!! Ou à l'éducation, ne faut pas charrier, il part en vrille si papa est fatigué, même si je vais bien, ou pour un rien. J’ai juste envie de dire que j’en ai marre qu’on me dise, oui, que tout est dû à mes états d'âmes, que tout est dû à mes dépressions… et si ses crises elle-même provoquaient mes dépressions ? Et si sa sensibilité est exacerbée et amplifié par la même maladie que moi ? et s’il existait un effet miroir entre Tristan et moi ? et si on s'entraînait mutuellement dans nos cycles ? Il est suivi depuis l’année dernière, depuis la petite section maternelle par psy, pédiatre, pmi, thérapie familiale. On m’a ri au nez quand je suspectais une dépression chez lui à 3.5 ans, et une autre quand je m'inquiétais de le voir en pleurs tous les soirs à la sortie de l'école à me dire qu’il était triste, qu’il était fatigué, qu’il arrivait à rien, à pleurer pour un rien…pendant des semaines. Enfant tranquille jusqu’à ses deux ans, car à partir de deux ans, il a commencé à se jeter la tête par terre quand il refusait par exemple qu’on lui change sa couche. Il a eu les mêmes crises d'auto agressions à l’entrée en maternelle, à se taper la tête par terre, ou les membres sur les objets, se mordre, se griffer, dès qu’il nous voyait nous éloigner de la fenêtre de l'école ou pour des broutilles à la maison. Il y a ces « TOC » de comptage qui ont fait suspecter une précocité. A l'école, isolé, il passait son temps à compter, les cailloux, les toilettes, les chaussures, ne jouait pas avec les autres, était super doué pour les chiffres et les puzzles (à 3 ans il faisait des puzzles pour 6 ans) mais, la psy qui l’a testé la trouvé « dysharmonique » avec un gros retard de langage, qu’on a mis sur le compte de ses otites séreuses à répétitions. à l'école, il était certes isolé mais suivant malgré lui le groupe, avec un bémol sur certaines règles qu’il voulait faire à sa sauce, en répondant à côté de la question demandée (réflexe de compter) j'étais moi-même en pleine crise, avec des phases rapides ne sachant pas encore que c'était le trouble bipolaire. Cette année, l’auto-agressivité est revenu épisodiquement mais s’est surtout transformé en agression sur nous. Il nous tape, il pique des crises, jette ses jouets, casse tout, est en opposition systématique, veut commander, dit que c’est lui qui décide. À l'école, il commence à se lier un peu (surtout avec les enfants au comportements déviants d’après le rapport de l'école), a des tocs, mais là, comme il est dans sa période alphabet, il répète en boucle son alphabet ou les lettres de son prénom quand on lui parle ou qu’on se fâche. Mon fils a deux visages, tantôt calme, à l'écoute, me prenant la main, jouant tranquillement, tantôt, j’ai une furie, qui veut courir à des kilomètres devant moi, au risque de se mettre en danger, qui teste sans arrêt… l’autre soir, à bout de fatigue, j’ai regardé le comportement de mon fils, de manière détachée, mais avec l’impression d’y voir clair. Je n’arrivais pas forcément à distinguer des phases distinctes maniaque et dépressive, mais là ce soir, j’avais l’impression que mon fils était branché sur une prise de 10000 volts !!! il parlait sans arrêt, chantait à tue-tête, fort, débitant sans jamais s'arrêter des paroles en l’air, on n’entendait que lui (parole de son père !!!), il sautillait partout, sur le sol, grimpait au meuble, sur les chaises, étaient dans l’incapacité à rester en place…on lui parlait mais c'était comme s’il ne nous entendait pas, on n’avait aucun moyen de l’accrocher, comme s’il était complètement déconnecté de la réalité…. Et pour le coucher !!! Je n’en parle même pas. Certaines journées et surtout le soir, ça ressemble souvent à cela, et d’autres, il est affalé sur le canapé, à pleurnicher, à s'écrouler, à se demander s’il est malade…. À l'école, chaque maîtresse qu’il a eu dit qu’elles ne le comprennent pas, ou qu’il a deux visages : sitôt qu’on le contrarie, il se ferme pour le restant de la journée. Mais à l'école, il est gentil, pas agressif du tout, vif et joyeux. À la maison, aussi j’ai deux visages, mais j’ai l’impression que je récolte tout ce qu’il a gardé pour lui la journée. J’ai donc pris rendez-vous pour lui. 

 

Une mère au bord de la folie

 

Juillet

Les soirées deviennent de plus en plus difficiles et insupportables. Tristan se plaint qu’il n’arrive pas à dormir et c’est la bagarre tous les soirs. Tristan est hyperactif, saute partout, pleure, crie, hurle pour un rien. Deux heures de querelles tous les soirs voir, plus, et certains soirs, il n’arrive pas à s’endormir avant une heure du matin. Nos nerfs sont mis à rudes épreuves. Tristan ne va pas bien. Si je comprends bien les cycles de l’humeur, je dirais qu’il est en phase mixte. Il est explosif, il passe du rire aux larmes en un rien de temps, il est mal, il recommence à se gratter et son eczéma est reparti de plus belle. Un soir, c’est Florent qui a craqué face au couchage de Tristan. Je ne l’ai jamais vu comme ça, à renverser la commode dans l’entrée et à hurler dans les escaliers… Résultat : Tristan qui se demande ce qu’il a fait pour mettre son père dans cet état là et le papa qui culpabilise depuis deux jours et a déprimé, à se dire qu’il est un mauvais père qu’il a fait pleurer son fils…. Ce problème de couchage est un vrai problème. Cela fait plusieurs soirs que je tente de rassurer l’un et coucher l’autre… j’ai envie de tout casser dans la maison, mon mari qui se réveille à 4h30 du matin est explosé… c’est la catastrophe, c’est invivable et Tristan réveille tout le monde à chaque fois. Aucun respect pour le sommeil des autres…pourtant, on a fait une soirée calme, peinture, dessin… on ne sait plus quoi faire. Il est dans la provocation, il rigole…pas nous

Un soir, les nerfs ont craqué, j’ai balancé la compote avec les médocs, balancé la chaise…J’ai envie de me foutre en l’air, moral à zéro parce que je veux une soirée tranquille avec mon homme qui rentre tard le soir, je dois tout gérer en ce moment car même lui n’arrive pas avec les gamins, il pète autant les plombs que moi. Et moral à zéro car je me sens nulle et incompétente en tout, pour éduquer mes enfants, pour trouver du boulot. Faut que je retravaille et j’ai une trouille immense, j’ai l’impression que je ne serais jamais capable d'être à la hauteur de ce qu’on me demande….incapable de jouer avec mes enfants, incapable de les supporter, envie d'être seule sous ma couette, marre des crises du soir, des insomnies…je veux être seule avec mon homme… l’Atarax donné par le psychiatre ne marche pas pour Tristan, faut que je trouve du Tercian en gouttes…voilà à quoi je suis rendue avec mon fils, donner des médicaments pour qu’il arrive à dormir…je ne sais pas ce qui l'empêche de dormir, la peur de plus nous voir ? la peur de quoi ?…et quand bien même on le rassure, il n’est jamais assez rassuré pour dormir tout seul… il a toujours besoin qu’on soit à ses côtés… Mal, je suis mal, je ne sais pas comment le rassurer et moi j’ai envie de DORMIR aussi, au bout du rouleau….

 

Une mère au bord de la folie

 

 Début décembre

Mes pires craintes arrivent : L'infirmière de la PMI me voit plutôt mal et me parle, en plus d’une intervenante à domicile, d’une AED. Autant dire une AEMO administrative. Je vois mes enfants placés, je les vois séparés de moi parce qu’on aura jugé que j'étais responsable de leur mal être, parce qu’on aura pensé que ma maladie était un motif de situation de danger pour eux. Je vois le pire comme d’habitude et en vient à des idées suicidaires. Sans eux, je n’ai plus rien à faire dans ce monde. Si mon mal être est la cause de leur malheur, autant en finir. Je ne veux pas être responsable d’une mesure éducative qui est sensé les protéger d’une situation de mise en danger. A la maison, la nouvelle fait mouche. « Nous ne sommes pas des cas sociaux » dit ma belle-mère. Pourquoi l'infirmière en vient-elle à nous proposer cela ? Est-ce que si on refuse, elle peut envoyer un courrier de signalement d’informations inquiétantes au procureur ? Je ne pense pas que mes enfants soient en danger. Qu’a-t-elle dit ? Je cumule les handicaps ? mon enfance, ma maladie, mon mal être actuel qui est très fluctuant même si je fais tout pour le cacher, la maladie de Tristan ? Et alors ? Cela voudrait dire que mon enfance et ma maladie seraient responsables d’une mesure de protection pour mes enfants ? Tout est ma faute encore !!! Je suis en colère car j’ai l’impression de payer pour les erreurs de ma propre famille. J’explique à ma belle-mère mon sentiment d’injustice. Ce serait à moi de payer pour mes parents, eux qu’on n’a jamais soupçonnés. Pourtant, une assistante sociale a voulu me placer. Rien n’a été fait. Et ce serait à mes enfants d’en subir les conséquences ? Je ne comprends pas.

 

Une mère au bord de la folie

 

 Les mois passent et ne se ressemblent pas. Depuis fin novembre 2012 je suis en dépression, une dépression de ce qu’il y a de plus habituel, sans phase mixte comme autrefois, juste une dépression pure et simple comme le commun des mortels. J’ai la tête vide, je suis ralentie, j’ai des idées de mort. Je suis une morte vivante, je survis à chaque journée en attendant impatiemment mon retour sous la couette, je n’ai plus d'intérêt pour quoique ce soit. J’attends, j’attends que la vie passe. Et je me détruis par l’alcool, par les automutilations, par les privations de nourriture. J’ai une nouvelle comorbidité : j’ai un problème avec l’alcool. Je bois ma bouteille de rosé, je ne pense qu’à ma bouteille jusqu’au soir. J’ai du mal à me passer de l’alcool. J’essaie d'arrêter. C’est un nouveau problème à éradiquer. Je souffre de problème de mémoire à cause de l’alcool et à cause de la maladie. Je ne me souviens pas de ce que j’ai fait la veille, j’oublie pleins de choses, j’oublie mon sac à main, j’oublie ma tête. Je n’ai pas d’idées suicidaires mais je flirte avec la mort en permanence, en espérant sans cesse mourir jeune, d’une maladie incurable du genre cancer. C’est une manière de fuir le quotidien. Je ne suis pas heureuse en ce moment, pas du tout épanouie alors que j’ai un mari aimant et trois beaux enfants.

J’ai eu la réponse de la MDPH et je suis reconnue handicapée entre 50% et 80%, j’ai la reconnaissance travailleuse handicapée et j’ai l’AAH vu que mon psychiatre m’a mis une restriction au travail. Mais ce n’est pas avec cela que je vais vivre. Nos comptes ont dans le rouge tous les mois. Florent tire la langue pour boucler les fins de mois difficiles. Et moi, je tourne en rond dans la maison, toute seule.

 

Une mère au bord de la folie

 

Fin février, je fais une mini tentative de suicide, mini car tel n’était pas le but, seulement de dormir, d’oublier. J’avais piqué un jour du Lexomil à mon père, et c’était resté  dans mon portemonnaie jusqu’à ce fameux soir où j’ai dérapé, où je les ai enfilé pour ne plus avoir à penser au quotidien, à ce qui me pourrit l’existence, à cette existence qui est pour moi inutile, je suis inutile, je ne travaille pas, je suis inapte à travailler, je ne supporte plus les entretiens, je suis en dépression depuis 2011 et je ne m’en sors pas. Je les ai enfilés un soir pour dormir et qu’on me laisse tranquille, juste dormir, rien d’autres. Le fait que je me sois réveillée vers 17h avec un état léthargique après une phase d'anorexie n’a interpellé personne sur mon état de santé. Avec du recul, j’aurais aimé qu’on me fasse voir peut être mon psychiatre en urgence, m’emmener à l'hôpital, faire quelque chose, mais pas me laisser aller à la dérive sans rien faire en me voyant m'autodétruire peu à peu.

Je reprends du poids en même temps que l’alcool. Il n’y a rien à faire, une addiction puis une autre. Je ne pense qu’à bouffer, j’occupe mes journées à cela, alcool bouffe. Je reprends dix-huit kilos en moins de temps qu’il n’en faut. Avec ma psychologue qui me suit pour mon anorexie, on parle de ma belle-mère qui me sort par les yeux. Même florent n’a plus envie de rentrer le soir quand il voit l’ambiance qui règne quand il ouvre la porte, sa mère enfermée dans sa chambre ne voulant parler à personne ni ne voulant manger. D’ailleurs j’empoisonne tout le monde et à cause de moi et de ma bouffe, elle a perdu 10 kilos. Et je ne sais même pas présenter les plats, je ne sais pas couper à la bonne manière les aliments, les melons, les tomates, les œufs (je ne savais pas non plus qu’il n’y avait qu’une seule manière de couper les aliments ?) il y a une manière de faire les choses et pas autrement, il y a un code du savoir vivre et je devrais l’acheter pour ne plus paraître être sortie de la rue. Pour elle je suis un cas social qui tire son fils vers le bas et ses petits-enfants et je ne donne aucune éducation. Elle ne m’aide pas, elle ordonne ce que je dois faire. J’explique à ma psychologue qu’un jour après avoir débarrassé la table avant de l’avoir essuyé, Tristan m’appelle. Ma priorité, c’est mon fils, je viens à lui, ma belle-mère arrive et voit la table sale. Elle m’ordonne carrément de l’essuyer en me demandant ce que j’attends pour le faire alors que je tente de lui expliquer que je n’ai pas dix bras et que Tristan m’a accaparé mon attention en premier. Non pour ma belle-mère, ce n’est pas l’enfant la priorité mais le ménage !! on n’a franchement pas les mêmes priorités. moi c’est mon fils, pas l'état de la maison, et franchement, elle a une manière de me dire les choses, agressive! comme si je faisais ma feignasse, que je ne fichais rien de la journée et que je laissais tout en plan et que c'était elle qui savait tout et que c'était son rôle de devoir tout me répéter et m’ordonnant les choses, comme si je ne savais rien et qu’il fallait tout m’apprendre, et que depuis qu’elle habitait chez nous, c'était son rôle de m’apprendre à gérer ma maisonnée à sa manière, parce que sa manière, c'était celle qui était celle qu’il fallait faire. Pas moyen que j’ai ma propre manière de faire, avec ma propre personnalité, je n'étais plus maîtresse de ma maison, je n'étais plus chez moi mais chez ma belle-mère, elle avait décidé de régenter ma vie. Pourquoi n’accepte-elle pas que je sois différente d’elle, que j’ai une manière de vivre autre qu’elle et que ce n’est pas forcément être mal éduquée? je lui ai un jour dit qu’elle était intolérante à autrui, elle ne l’a pas accepté. Elle veut me modeler à son image, à son éducation qu’elle croit meilleure et parfaite, selon son fameux code, ne me laisse pas vivre comme je le sens, et ne m’accepte pas telle que je suis. Alors elle me rabaisse en cas social, qu’on n’est pas du même milieu, alors qu’on est tous les deux de la classe moyenne, de parents cadres, hormis que j’ai été maltraitée et pas son fils, que nous avons tous deux fait des études supérieures aussi. C’est comme si j'étais une sous merde et elle était supérieure à moi et que je lui devais tout pour devoir tout m’apprendre.  Pourquoi veut-elle me changer à tout prix ? pourquoi ne suis-je pas digne d’elle telle que je suis ? Elle m'étouffe et ma psychologue m'écoute et cherche à me faire exprimer tout cela pour que je réussisse un jour à les exprimer, si possible à ma belle-mère, sans l’agresser. Bref, ma psychologue m'écoutait énumérer mes plaintes, mon ras le bol quotidien, ma chute de poids, et ma reprise de poids en même temps que ma reprise de l’alcool, de mes automutilations.

 

Une mère au bord de la folie

 

J’émerge peu à peu de la brume. Tristan qui a 10 ans nous inquiète depuis février, ce sont les crises, les menaces de fugues et de suicide, les automutilations...je sors de ma torpeur, pour venir en aide à Tristan. Je ne peux pas ne rien faire. Il est agressif, il tape ses frères, les gifle, gifle Clément au point de lui casser ses lunettes. Il casse ses affaires, casse ses meubles, pousse des hurlements à s’en briser les tympans. Il se tape dessus. Depuis début septembre 2017, il ne fait plus rien en classe, ne ramène plus ses affaires ni son cahier de texte, donc on ne sait jamais s’il a des devoirs, résultats, en histoires et géographie, on a des notes catastrophiques avec des annotations du types leçons non apprises., lui toujours le premier de la classe, Il est addict à sa tablette et à sa DS, qu’on confisque à tour de bras dès qu’il refuse de coopérer ou dès qu’il tape ses frères ou qu’il pique sa crise. Connaissant les cycles de l’humeur, rapidement je parle de l'envoyer voir mon psychiatre pour qu’il fasse quelques choses, éventuellement revoir la psychologue qui le suivait il y a encore deux ans auparavant qui lui faisait du bien et l’aidait à gérer ses émotions. C’est lettre morte. Tout le monde n'écoute que ma belle-mère qui nous donne le nom d’une psychologue à cinq kilomètres de chez nous, moins loin, moins chère...sans savoir ce qu'elle vaut, sans savoir si elle connaît le trouble bipolaire et la cyclothymie dont souffre Tristan...et moi-même. Et moi d'espérer que Tristan n’en vienne pas à mettre en acte ses menaces suicidaires, peur que j’ai depuis qu’il est né, peur que j’ai depuis qu’on lui a diagnostiqué sa cyclothymie, peu qu’il en arrive à faire les mêmes bêtises que moi…De toute manière, ce que je dise ou ce que je pense, plus personne ne m’écoute maintenant, depuis que ma belle-mère vit chez nous, il n’y a qu’elle qui a réponse à tout ! Il a commencé une thérapie comportementale où il doit faire de la relaxation. J’ai dit à la psychologue qu’il avait été diagnostiqué cyclothymique. Il dit régulièrement qu’il a envie de mourir. La dernière en date c’est à la suite d’une altercation avec sa grand-mère. Il était affalé sur le canapé en train de jouer à sa console, elle lui fait une remarque, et en réponse il lui fait un bras d’honneur, alors elle dit qu’au vue de son comportement et de la manière dont il évolue elle n’avait plus qu’à se foutre en l’air, sachant cela Tristan dit qu’il avait aussi envie de mourir mais ce n’était pas la première fois qu’il parlait d’envie de mourir. J’en ai parlé à mon psychiatre qui a dit d’aller contacter la psychologue qui la suivait il y a un petit moment quand il était plus petit et voir si besoin si nécessaire de lui prescrire des médicaments si son comportement s’amplifiait et devenait incontrôlable et que ses idées de suicides devenaient trop récurrentes. Et en ce moment aussi dès la moindre contrariété, il prend ses chaussures et menace de partir seul et faire une fugue. Cela fait plusieurs fois qu’il nous fait le coup, on essaie de lui parler, on retire toutes les clés, on bloque les fenêtres pour qu’il ne sorte pas. La psychologue de Tristan a écouté Tristan qui lui disait que je ne parlais pas et elle lui a donc demandé si j’avais été testée pour l’autisme. Lors des premiers entretiens, elle fait des tests SCQ aux parents sur les comportements de leur enfant à l'âge de 4-5 ans et actuel… c’est alors que la psychologue de Tristan au vue des tests, de ceux que j’ai rapporté pour sa cyclothymie et de mon mutisme et du premier abord que je présentais, a suspecté un autisme de haut niveau/asperger pour Tristan et pour moi-même. J’ai donc envoyé des sms à mon psychiatre à ce sujet qui m’a confirmé que je n’étais pas autiste mais je me suis souvenue de ma petite enfance ou je refusais de parler à l’école et dans mes années futures on me disait qu’on n’avait jamais entendu le son de ma voix à l’école. Je crois que l’on parle de cela de mutisme sélectif. 

 

Une mère au bord de la folie

 

A la fin du mois, Tristan a encore essayé de passer par la fenêtre de sa chambre. Pour cause : il devait faire ses devoirs avant d’aller à Gisors faire une radio panoramique de ses dents en vue d’un appareil dentaire. Il avait 2 heures devant lui. Je suis montée plusieurs fois pour voir où il en était. Il jouait sur sa tablette et son ordinateur plutôt que de faire des devoirs. Je lui ai confisquée sa tablette quand j’ai eu l’occasion de le faire sans lui arracher des mains. Alors il s’est mis en colère, essayant de casser l'écran de son ordinateur en jetant un bâton de colle sur l'écran et en voulant jeter la souris par la fenêtre de sa chambre. Je l’ai rangée dans mon armoire. Il m’a demandé son portable que j’ai refusé et je lui ai dit qu’il ne méritait ni sa tablette ni son ordinateur. C’est là qu’il est allé ouvrir sa fenêtre, a enjambé la fenêtre et je l’ai retenue par le bras. J’ai aussitôt envoyé un message à florent pour lui dire l’urgence de l'amener à robert Debré. Puis on est allé faire la radio. Au retour il comatait dans la voiture et il s’est endormi sur le canapé. Puis ma belle-mère est arrivée avec clément car elle devait accompagner Aurélien à son basket. Je lui demande gentiment si elle pouvait garder clément avec elle car Tristan dormait sur le canapé. Elle me saute dessus en m’agressant en me disant « alors je ne suis plus celle qui te harcèle », je l’engueule en disant que Tristan a fait encore une tentative de suicide. Je l’engueule puis je lui ferme la porte au nez. Elle va ouvrir la porte du garage et je lui dis sur un ton énervé « quoi » elle me dit « parle-moi autrement » j’aurais dû répliquer qu’elle n’avait qu'à se regarder car c’est elle qui m’a agressée en premier. Alors je lui dis que c’est elle qui m‘agresse. Puis il y a plusieurs propos sous le coup de la colère. Elle me dit que depuis qu’elle sait que je dis qu’elle m’a harcelé pendant deux ans, elle n’en dort plus la nuit, elle dit qu’elle pleure tous les jours depuis qu’elle sait cela. Puis je lui rétorque que pendant deux ans, j’ai essayé de faire des efforts et qu’elle n'était jamais contente. Elle me dit que je ne vois que les mauvais côtés, elle m’a fait des compliments aussi et je ne les vois pas. Elle me dit que je me focalise que sur le négatif. Et que je ne vois pas tout ce qu’elle a fait pour moi. Elle me dit que si elle n’avait pas été là, les enfants auraient été placés, je lui ai dit qu’on n'était pas des cas sociaux et que j'élève bien mes enfants. S’il fallait mettre en foyer tous les enfants dont les mères sont dépressives, on ne s’en sortirait plus. Je lui ai dit qu'elle m’a fait du bien, mais qu’elle m’a fait aussi du mal. Elle a dit que si elle avait su, elle ne serait pas venue. Je lui ai dit qu’elle aurait pu me dire les choses autrement que sur un ton direct qui fait mal et m’a blessé. Elle continue à dire que c’est sa manière de faire et que c’est comme cela qu’il faut faire. Je lui ai dit qu’il y a l’art et la manière de dire les choses et qu’elle ne le faisait pas en finesse, alors elle m’a dit « en plus je suis lourde ». Je lui ai dit qu’en me parlant ainsi elle m’a blessée. 

 

Une mère au bord de la folie

 

 Le mardi 23 octobre 2018, nous sommes allés donc à robert Debré. Sur la route, il y avait pas mal de bouchon et florent pestait contre cela et sur le retour aussi il râlait qu’il gâchait ses congés pour cela. Faut croire qu’il n’y voyait aucun intérêt pour lui d’emmener Tristan à l'hôpital. Nous sommes arrivés vers 10h30 et nous sommes allés au secrétariat où j’ai expliqué la situation et on m’a redirigé vers les urgences pédiatriques. Le médecin a d’abord reçu Tristan puis nous a reçu le père et moi car il ne savait pas pourquoi nous venions. Sur tout le rendez-vous, c’est moi qui ai parlé le plus, florent ne décrochant pas un mot. J’ai su bien expliquer les comportements de Tristan, ce qui faisait penser au TSA, ses tentatives de suicide. Le médecin a questionné Tristan pour savoir si en ce moment il se sentait triste, mais apparemment non, plus maintenant. Le médecin lui a bien dit qu’il fallait gérer ses colères autrement qu’en essayant de passer par la fenêtre car même si c’était pour m'embêter, c'était dangereux et cela nous inquiétait. Ils ont répertorié tous les antécédents de la famille autant du côté du père que de la mère. De mon côté, j’ai un cousin autiste et un cousin handicapé, un père qui a fait deux dépressions, une mère souvent dépressive, deux oncles alcooliques dont un qui était violent avec ma tante, une grand-mère maniaque, tout le temps dépressive et sujette aux crises de panique et de tétanie et sûrement bipolaire. Du côté du papa, il y a ma belle-mère qui se dit aussi cyclothymique et qui a fait plusieurs tentatives de suicide (et j’ai appris aujourd’hui par florent qu’elle a déjà été internée en hôpital psychiatrique), une grand-mère maternelle alcoolique…il m’a demandé comment c'était déroulé la grossesse. J’ai dit qu’on a trouvé au dernier mois le streptocoque et qu’on m’a donné un traitement, que Tristan est né trois semaines en avance, et que durant l’accouchement, son cœur ralentissait et il y avait des signes de souffrance, que l’accouchement avait été déclenché suite à la rupture de la poche des eaux. Puis le médecin et ses collègues se sont concertés pour savoir s'ils gardaient Tristan à l'hôpital. Je craignais qu’ils le fassent mais après concertation, ils ont dit qu’au vu du fait qu’on a sécurisé toute la maison avec les verrous notamment, et que Tristan ne se sentait pas triste en ce moment, même s’il essaie toujours de sauter par la fenêtre en cas de frustration, Tristan pouvait repartir chez lui. Ouf !!! Soulagement !!! Il nous a donné des pistes d’adresses où aller pour faire un diagnostic car l'hôpital est sectorisé et a un délai d’attente d’un an, pour des tests. Quand j’ai parlé que dans l’Eure c'était 3 ans d’attente et que le CRA de Rouen nous dirigeait vers le CMP de notre secteur, et qu’il n'était pas formé pour l’autisme, il m’a donné des adresses. Il a dit qu’il nous ferait des courriers pour appuyer notre demande. Il est allé les faire et a appelé la psychologue et a lu tous les comptes rendus et mes écrits sur les symptômes de Tristan de sa naissance à maintenant. Puis il est venu nous rendre les courriers pour le CMP de Gisors, pour la psychologue et pour un organisme qui répertorie les psychologues en libérale qui font du diagnostic de l’autisme. Il m’a bien dit que mes écrits étaient très clairs et que lui aussi croyait au diagnostic du TSA. Quand on est rentré à la maison, on a expliqué à ma belle-mère le déroulement de la visite puis elle m’a dit que je dramatise tout et qu’il n’y avait pas lieu de s'inquiéter. Elle m’a dit aussi que tous les enfants faisaient une crise d'adolescence et que si on n’en faisait pas, ce n'était pas normal. Puis a dit que les comportements de Tristan même s’ils sont excessifs étaient normaux et que tous les enfants se contiennent à l'école et explosent à l’arrivée au domicile. Elle a bien vu que je n'étais pas d’accord avec elle. Puis elle a dit aussi que je ne devais certainement pas savoir m’y prendre avec Tristan et que notre relation a toujours été difficile. Je n’ai même pas eu le temps de lui dire que à l'hôpital, on avait émis l’idée de le garder si on n’avait pas mis des verrous aux fenêtres. Si c’est moi qui dramatise tout comme le dit ma belle-mère et florent à qui j’ai posé la question par la suite, je ne comprends rien à rien.

J’ai envoyé un message à la psychologue lui racontant tout cela, le fait que ma belle-mère et florent minimisent tout, disent que je dramatise tout, et que c’est en gros de ma faute si Tristan se comporte ainsi parce que je ne sais pas m’y prendre avec lui, bien que je dise depuis plusieurs fois qu’avec la douceur ou la fermeté, le résultat est toujours le même, Tristan explose et tente de se défenestrer, casse tout sur son passage, tape ses frères et s’automutile, je lui dis que moi seule vois que son comportement n’est pas normal pour un enfant, qu’il soit en pré adolescence ou à l’adolescence. On ne réagit pas ainsi à la moindre frustration, ce n’est pas normal. A les entendre et à entendre tous ceux qui m’ont écouté parler des problèmes des uns et des autres et des miens, je serais une vrai mythomane, une folle qui invente des problèmes, qui romance tout, qui exagère le moindre fait banal: les simples conseils de ma belle-mère pour me faire évoluer dans mon quotidien serait devenu du harcèlement pour me faire changer totalement de personnalité et de comportement pour le bien être de tout le monde vu le cas sociale que j'étais et l'éducation que j’ai eu et d’où la famille d’où je venais, les simples jeux d’entre cousins sont transformés en inceste et abus sexuelles, les simples chatouilles d’un beau-père, en attouchements sexuelles, les simples gifles pour rire de mon ex en violences conjugales, les simples jeux sexuelles en viols conjugaux, de simples fessées d’un père en maltraitances...non, c’est moi la fille qui dramatise tout, toujours tout! personne ne me croit et ne me croira jamais, sauf les psy, sauf ma psy qui me dit qu’elle croira toujours dans un premier temps les mères lorsqu’elle sente les inquiétudes posés sur le mal être sur leurs enfants. Les pères étant souvent aveugles, comme le dira plus tard ma belle-mère, que son propre fils se cache souvent les problèmes des enfants. Non à les entendre, c’est moi la folle bonne à enfermer et le monde qui tourne autour de moi est normal et c’est moi qui déforme la vérité et est paranoïaque.  Et ce discours-là, je l’entends depuis le début, depuis mon enfance : je suis folle, j’invente des histoires, je dramatise tout, c’est moi qui transforme la vérité, je suis bonne pour l’asile!!! j’en ai franchement ras le bol d'être traitée comme la folle de service alors que je tente de sauver mon fils de la dépression. Encore une fois, je me sens complètement abandonnée par la famille de florent et bien sûr on me met tout sur le dos, en disant que c’est toujours la faute de la mère.

La psychologue m’a répondu. « Alors contrairement à ce que tout le monde pense, la crise d’adolescence n’est pas systématique et elle a lieu dans 30 pour cent des cas. Et non, faire mine de se jeter par la fenêtre n’est pas normal. Un psychiatre vient de vous dire que c’est une réaction due à la frustration typique de l’autisme. Donc c’est normal pour un autiste. Je crois que tant que le bilan ne sera pas fait, votre belle-mère et votre mari n’y croiront pas. »

 

Une mère au bord de la folie

 

Lundi, j’ai eu l’appel des psychologues de bourg la reine pour la restitution et je suis autiste de haut niveau et je rentre totalement dans les critères de l’autisme. Le test de QI m’a étonné car il révèle que je suis dans la moyenne haute de la population alors que je me croyais totalement idiote puisque dans ma scolarité j’ai toujours été plutôt moyenne avec 11 de moyenne. Le QI n'était pas calculable car la note de la mémoire de travail chute le tout donc mon résultat est hétérogène. Je pense que s’il n’avait pas été aussi bas, j’aurais peut-être plus de 115 de QI. Une partie de mon test de QI a eu une moyenne de 115 mais seul ma mémoire de travail chute et ne permet pas de calculer le Qi total.  Je suis comme Tristan, dans la moyenne haute par rapport au reste de la population. Du coup, j’ai appelé la psychiatre que ma psychologue m’a conseillé, à Vernon, donc à 20 kilomètres du domicile pour prendre rendez-vous pour confirmer le diagnostic afin d’avoir une reconnaissance par la MDPH en plus du trouble bipolaire. Je suis contente et soulagée de mon diagnostic qui me fait comprendre mes comportements et ma difficulté à parler et à travailler. Beaucoup d’autistes et de bipolaires sont dans l’incapacité de travailler, j’en fais partie… Lors du bilan, il est noté qu’il faudrait approfondir les raisons de mes épisodes d’hallucinations auditives et visuelles, mes périodes de déréalisations et de dépersonnalisation, notamment lorsque je m’automutile pour échapper à la douleur morale ou parce que je n’arrive plus à me réapproprier mon corps tellement je suis dans l’impossibilité de ressentir mon corps en période de déréalisation et dépersonnalisation. Du coup j’ai envoyé un mail à mon psychiatre pour lui poser des questions sur ce sujet et aussi si, comme Tristan, on peut être autiste et bipolaire donc mon psychiatre m’a dit que j’avais peut-être des caractères psychotiques qui n'enlèvent rien au diagnostic de trouble bipolaire, puis il m’a dit qu’on en reparlerait en janvier. Je suis pressée de connaître son point de vue sur le sujet et voir si il y a un moyen de contrecarrer à cela, même si depuis que je suis au foyer, vu que j’ai moins de stress (depuis 2014), cela ne m’arrive plus, hormis le fait que j’ai toujours l’impression que l’on entend mes pensées notamment lorsque j’insulte des passants dans ma tête sans raison, comme si ces pensées étaient indépendantes de moi, et venait d’une autre personne, c’est peut être un toc avec des pensées obsessionnelles que je tente de contrecarrer. Je crois que cela s’appelle des pensées intrusives.

 

Une mère au bord de la folie

 

« Je voulais aussi vous parler d'Aurélien. Il manque terriblement de confiance en lui, il se fait je pense toujours embêter par le ou les mêmes personnes à l'école et donc va à l'école à reculons, veut changer d'école, de ville, tout pour ne plus être avec les mêmes personnes qui vont le suivre de classe en classe tout le long de sa scolarité. Il ne sait pas se défendre même à la maison, même quand clément l'embête, il a tendance à tout attendre des adultes et de ses parents (même pour avoir un verre d'eau ou un carré de chocolat et faut lui répéter sans cesse qu'il est grand et qu'il peut le faire tout seul !!!) L’autre jour, au retour de la séance-bilan de psychomotricité, il a dit lorsque je lui ai expliqué l'importance de réussir à se faire comprendre lorsqu'on écrit dans sa scolarité notamment quand il ira au collège, il m'a dit qu'il ne voulait pas aller au collège. Il ne semble pas vouloir grandir ! Ou sinon, c'était sa bouderie du jour ? Il a sans cesse besoin d'être rassuré, sans arrêt qu'on lui fasse des câlins qu'on lui dise je t'aime, certes on ne dit et montre jamais assez qu'on aime sa famille, mais là, j'ai l'impression que c'est une manière d'exprimer un sentiment d'insécurité ».

 Psychologue

« Je pense en effet que le calme d'Aurélien cache quelque chose. Il faut éviter qu'il en arrive à la phobie scolaire. Je pense que les groupes d'affirmation de soi que je vais organiser en septembre pourront lui être bénéfiques. Sinon je peux le recevoir en individuel en partageant le temps avec Tristan ça ne vous ferait pas plus cher, quitte à rallonger la séance de 15mn si besoin. »

( ...)

Retour à la maison : les tests de florent pour l’autisme sont de 25, c’est la limite de l’autisme, mais ceux d'aurélien sont de 36 ce qui est assez hauts, aussi hauts que les miens quand je les ai faits sur internet. La psychologue a demandé à florent que ce soit à nous de décider si nous voulons faire des examens complémentaires pour approfondir les tests. La psychologue m’a envoyé un sms en me disant que les tests de mon mari était limites et que pour ceux d'aurélien, il était en plein dedans. Elle me demande s’il faut reprendre rendez-vous vu qu'aurélien a dit qu’il ne voulait pas travailler sur le fait d’avoir des amis et que cela ne l'intéressait pas. Typiquement autiste !!! Sans ami ! Et pareil pour les filles. Il ne s’y est jamais intéressé. Mais aurélien, en discutant avec lui m’a dit qu’il voulait bien voir la psychologue. Alors espérons qu’il continue dans cette volonté. Je ne vais pas le laisser se désociabiliser. S’il ne veut pas d’ami, pas grave mais c’est surtout le fait qu’il faut qu’il apprenne à se défendre !!!

 

Une mère au bord de la folie

 

Je suis en montée maniaque. J’ai envoyé X message à toute la famille. On a acheté une piscine tubulaire qu’on a installé hier dans le jardin et les enfants ont joué dedans aujourd’hui, j’ai envoyé X photos à tout le monde, même sur Facebook, invité ma sœur, envoyée ma mère, à ma belle-mère, à ma mère, invité ma voisine,, ma sœur à venir chez moi, pour mon anniversaire, à faire la fête, …je suis d’humeur festive. J’ai bu une bouteille de vin blanc. Je dors 4 à 5 heures par nuit. Je veux voir du monde, je veux inviter tout le monde. Je veux faire la fête. Ma sœur, cela fait longtemps que je ne l’ai pas vu. Depuis ma dépression où je me suis coupée de tout le monde. Mes enfants n’ont pas vu leurs cousins, et en plus depuis que mon beau-frère a voulu étrangler florent, plus personne ne se voit… Le fait que l’on a acheté la piscine a fait que le voisin est venu jouer dans la piscine et qu’un autre de bouche à oreille est venu aussi. Deux voisins du coup sont venus. C'est la fête. Une occasion d’inviter du monde !! Du coup, florent dit qu’il est un peu autiste car il prend des décisions sur un coup de tête et achète des trucs au dernier moment. Mais le fait de prendre des trucs sur un coup de tête, je pense que cela n’a rien à voir avec un tempérament autistique !!! Mais du coup je lui ai dit que la psy a dû lui retourner la tête !!! En général, les autistes, n’aiment pas le changement au contraire !  Au contraire, le côté impulsif, cela vient de mon côté bipolaire !!! Et imprévisible ! Bref, on s’est fait plaisir, et on commence à renaître, moi, qui vais de mieux en mieux, et les beaux jours qui arrivent, moi maniaque, Tristan hypomaniaque, une piscine, du soleil, les vacances, …le bonheur, il faut en profiter…

Plusieurs nuits d'insomnie à 4-5 heures par nuit. Un peu plus d'alcool que d'habitude. Ce soir, à 23h passé, j'étais prise d'envie de bricolage et de poncer le buffet. Prise l'envie irrésistible de me trimbaler en petite tenue dans mon jardin ce soir et plonger avec mon mari dans la piscine et l'embrasser. Et une fois une heure du matin passée, la fatigue venue, j'étais encore debout, luttant encore, l'esprit en ébullition, refusant de me coucher.  Impossible.  Demain, il y a un invité.  Alcool à flot. Coucher tardif.  Cela ne va pas calmer mon hypomanie.  Il est prévu qu'on se baigne aussi dans la piscine dans la soirée.  Jusqu'à quelle heure ? L'été et son lot de fête et de dérive et de débordement ne vont pas m'aider.  J'ai prévenu Florent.

Je suis sur plusieurs fronts en même temps. Je prépare multiples plats en même temps tout en ponçant et décapant le buffet en merisier pour le virer et aménager le salon en logement pour y dormir pour nous, laissant les chambres aux enfants à l'étage. Je fais le gâteau aux amandes, la sauce pour les légumes apéritifs, les œufs brouillées pour le plats principal, les financiers pour le goûter, le ponçage du buffet, le petit déjeuner de Tristan qui vient de se lever, les œufs durs pour les tomates œufs durs du dîner…, tout cela en même temps...et je dis à florent que si je pars en vrille, il doit me donner à tout prix du risperdal… il me demande quelles sont les signes. Je lui dis que c’est du genre comme mes dix-huit ans où je me baladais en soutien-gorge dans la rue, où je me croyais envoyé de dieu...où je pars dans des délires...je lui dis que je sais que je suis en manie depuis décembre à part en février où je me suis cassée la figure. Mais que je suis montée trop haut, il faut qu’il fasse gaffe aux signes si je ne me rends pas compte.

Le soir, on prend l'apéro, on dîne, on boit de l’alcool. Moi, je prends tout aux plus quatre verres, c’est raisonnable. Mais je parle. Contrairement par le passé où lorsqu’il y avait les invités de florent où j'étais muette, je changement est radical. Je parle, j’ai une voix, j’ai des chose à dires…pourtant, cette personne, j’ai dû le voir que deux fois ! C’est un inconnu pour moi mais c’est comme si je le connaissais depuis longtemps. Florent et les invités vont dans la piscine sur les coups de 23h minuit, trop froid pour moi, il n’y a plus de soleil. Mais vers la fin de la soirée florent me dira quand on sera tout seul qu’en quelques sortes je lui aurais fait des propositions alléchantes, je parlais de bain de minuit, de la fois où en colonie à 14 ans, j’ai exhibé mon maillot de bain enlevé de l’eau à minuit, j'étais toute nue dans l’eau du lac. Je me suis faite de plus en plus « allumeuse » …Et après avoir dit au revoir aux invités nous souhaitant d’en profiter une fois les enfants couchés, on couche les enfants et nous voilà, tous deux en amoureux dans la piscine, commençant à faire l’amour, baptisant la piscine de notre amour, puis continuant par la suite nos ébats sur le tapis du salon… je rappelais à florent que c’est dans une de ces soirées bien arrosé un mois de juin que clément avait été conçu. Mais qu’il n'était pas question d’avoir un 4ème. De toute manière, j’ai un stérilet.

 

Une mère au bord de la folie

 

Un après midi, florent est parti acheter du pain de mie. Vers 19h30, il me prévient qu’il discute avec un copain. Je fais manger les enfants, ils remontent sauf clément qui reste avec moi devant la télévision. Vers 21h30, j’entends la porte s’ouvrir et rien qu’à la façon de claquer la porte, je sais que florent a trop bu. Je lui laisse le canapé pour qu’il s’allonge car il ne tient même plus debout. Et je monte coucher les enfants malgré l’heure. Je ne veux pas que clément voit son père dans cet état-là. Mais comme clément n‘avait pas voulu manger, il réclame à manger. Je lui demande de rester dans sa chambre le temps que je lui monte une assiette. Et je retrouve florent allongé par terre sur le carrelage, le secoue, et lorsque clément essaie de descendre, je lui demande de rester dans sa chambre. Le temps que je prépare l’assiette, florent a vomi partout par terre, j’ai des hauts le cœur. Clément est descendu et je lui dis que son père est malade. Il ne comprend pas encore à cet âge-là que c’est dû à l’abus d’alcool. Je ne veux pas que Tristan descende et réalise lui aussi l'état de son père. Je suis inquiète et fâchée car je ne sais pas comment florent est rentré dans cet état là en voiture sans avoir eu un accident ! il n’est même pas capable de tenir debout. Une fois l’assiette prête je la monte à clément avant de devoir tout nettoyer en bas. Jamais florent n’a été saoul à ce point jusqu’à en vomir ! cela me renvoie aux beuveries de mon ex avec qui je nettoyais régulièrement le vomi après qu’il se soit enfilé bière sur bière. J’aurais espéré des excuses de la part de florent ce matin, mais rien. Je suis la boniche qui doit nettoyer ce que je répugne le plus : du vomi. Je suis restée tard avec florent qui dormait dans le canapé, après avoir couché les enfants, le temps de m’assurer qu’il aille bien et qu’il ne fasse pas de coma éthylique. J’ai angoissé longtemps avant de pouvoir m’endormir. Ce matin, je lui ai juste rappelé que vu l’heure, il aurait pu appeler pour qu’on aille le chercher et récupérer la voiture le lendemain. Il est inconscient. Il risque gros à chaque fois qu’il conduit après avoir bu. Lui-même s’est inquiété un jour des conséquences d’un éventuel placement des enfants s’il lui arrivait quelque chose ou s’il se fait arrêter avec de l’alcool dans le sang quand il a su que l'infirmière de la pmi qui a voulu placer nos enfants était toujours en train de nous surveiller et demandait des nouvelles régulièrement de notre famille ! Je lui en veux. Et il n’a rien dit comme d’habitude, pas même un mot d'excuse.

 

 

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